Bruxelles soumet à consultation une réforme pour faciliter les fusions d'entreprises et créer des « champions européens »


Archive – La vice-présidente de la Commission européenne pour la transition propre, équitable et compétitive, Teresa Ribera.

– LUKASZ KOBUS – Archives

BRUXELLES, 30 avril (EUROPA PRESS) –

Ce jeudi, la Commission européenne a ouvert une consultation publique sur une réforme du contrôle des fusions d'entreprises qui reflète l'influence du contexte géopolitique et commercial actuel, facilitant ainsi la création de « champions européens » capables de stimuler la compétitivité mondiale de l'Union européenne et de rivaliser avec les géants économiques des États-Unis et de la Chine.

Bruxelles souhaite recueillir des avis sur le projet de nouvelles lignes directrices de l'UE sur les fusions dans l'UE, « la réforme la plus importante » en la matière au cours des deux dernières décennies, et qui remplacera les lignes directrices actuelles sur les concentrations horizontales et non horizontales pour s'adapter à des paramètres tels que la durabilité, la résilience et l'échelle industrielle, comme l'explique la Commission dans un communiqué.

La chef de l'Exécutif communautaire, Ursula von der Leyen, a défendu la proposition dans des déclarations envoyées dans le document, assurant que l'Union européenne « a besoin d'entreprises audacieuses et innovantes capables d'être compétitives à l'échelle mondiale » et en même temps de préserver « la prévisibilité et la sécurité que les investisseurs apprécient le plus en Europe ».

« Nous avons le talent. Nous devons maintenant créer un environnement favorable pour les futurs dirigeants européens », a ajouté le conservateur allemand, qui a souligné que cette nouvelle approche vise à permettre aux entreprises de « prospérer, croître et innover » dans une économie mondiale très compétitive.

Pour sa part, la vice-présidente exécutive de la Concurrence, Teresa Ribera, a souligné que ces lignes directrices seront un « instrument plus efficace » pour soutenir la prospérité à long terme, permettant de renforcer le marché unique et de renforcer « l'autonomie stratégique » de l'UE sans renoncer à la protection des consommateurs contre les abus de pouvoir de marché.

« En d'autres termes, l'équité restera un pilier fondamental de l'Europe. Cela signifie appliquer fermement nos règles et protéger les entreprises et les citoyens européens contre un pouvoir de marché néfaste. Parce que notre force réside dans des règles claires, appliquées de manière égale à tous », a-t-il ajouté.

INNOVATION, DURABILITÉ ET « BOUCLIER » POUR LES STARTUPS

Le projet que Bruxelles soumet actuellement à consultation introduit une « approche dynamique » qui ajoute aux mesures traditionnelles d'autres mesures telles que le contexte géopolitique et commercial, en donnant la priorité aux fusions qui affectent l'échelle industrielle et la compétitivité mondiale, ainsi que l'innovation et l'investissement, en plus de la durabilité et de la résilience.

« La croissance et l'expansion des entreprises sur les marchés mondiaux pour atteindre la taille nécessaire pour être compétitives peuvent être pro-compétitives en favorisant l'innovation, l'investissement et la résilience, et sont nécessaires pour promouvoir une croissance économique durable et pour être compétitives et leader à l'échelle mondiale », lit-on dans la note de l'exécutif communautaire.

Pour atteindre cet objectif, le nouveau cadre évaluera plus en détail les bénéfices ou « efficacités » des fusions, permettant aux entreprises de les justifier par des bénéfices qui, même s'ils mettent plus de temps à se matérialiser, améliorent la qualité des produits ou la capacité d'investissement du bloc communautaire.

Le projet précise également les cas dans lesquels les États membres peuvent intervenir dans des opérations visant à protéger des « intérêts publics légitimes », en recherchant un équilibre entre l'ampleur nécessaire aux « champions européens » et la protection des consommateurs contre d'éventuels abus de pouvoir de marché.

De même, le nouveau cadre propose la création d'un « bouclier d'innovation » qui rationalise les opérations impliquant des entreprises émergentes (start-ups) et des projets de R&D, pour autant qu'ils ne soulèvent pas de problèmes de concurrence.

Les nouvelles lignes directrices renforcent également la vigilance sur les « acquisitions tueuses », afin d'empêcher les géants du marché d'absorber les petits innovateurs pour neutraliser la concurrence future.

La consultation publique sera ouverte aux commentaires jusqu'au 26 juin 2026 et toutes les parties intéressées pourront faire part de leur point de vue. La Commission analysera ensuite les réponses et publiera les contributions dans la langue dans laquelle elles ont été soumises, ainsi qu'un résumé des principales tendances observées dans les réponses, sur la page web dédiée du site internet de la Commission consacré à la concurrence.