– Philipp von Ditfurth/dpa – Archives
BRUXELLES, 6 mai (EUROPA PRESS) –
La Commission européenne a présenté mardi sa première stratégie communautaire de lutte contre la pauvreté, par laquelle elle demande aux États membres de développer le logement social et abordable, de renforcer les aides publiques et de prévenir les expulsions, dans le but de réduire le nombre de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale et d'avancer vers son éradication dans l'Union européenne d'ici 2050.
Bruxelles propose également de nouvelles mesures contre le sans-abrisme, un renforcement de l'aide aux enfants et des changements pour faciliter l'accès aux prestations sociales, dans un contexte marqué par l'augmentation de la pauvreté et la crise du logement dans l'UE, où, selon les données de la Commission, plus de 92 millions de personnes sont menacées d'exclusion sociale et près d'un million sont sans abri.
L'exécutif communautaire admet également que l'Union n'avance pas au rythme prévu pour respecter l'engagement de sortir au moins 15 millions de personnes de la pauvreté avant 2030, tandis que l'augmentation du coût de la vie et la hausse des prix de l'immobilier continuent de pousser davantage de ménages dans des situations vulnérables.
Face à cette situation, Bruxelles exhorte les gouvernements nationaux à renforcer les mécanismes de prévention des expulsions par le biais d'une aide d'urgence au loyer, de services de médiation et de conseils en matière d'endettement, en plus d'élargir le stock de logements sociaux et abordables.
La recommandation présentée par la Commission envisage également des systèmes d'alerte précoce pour détecter les situations à risque et des mesures visant à renforcer la prise en charge des personnes sans abri par le biais de services intégrés et d'un soutien individualisé.
L'Exécutif communautaire souhaite également faciliter l'accès aux prestations sociales, après avoir détecté que jusqu'à 50% des personnes ayant droit à l'aide n'en font pas la demande dans certains États membres. Pour y parvenir, il propose de simplifier les procédures et d’évoluer vers des systèmes de soins plus centralisés et coordonnés.
Le paquet comprend également un renforcement de la Garantie européenne pour l'enfance, le principal instrument communautaire de lutte contre la pauvreté des enfants, étant donné l'absence de progrès significatifs ces dernières années et dans un scénario dans lequel – alerte Bruxelles – près d'un enfant sur quatre reste menacé de pauvreté ou d'exclusion sociale dans l'UE.
La Commission propose d'améliorer l'accès des familles à des services tels que les garderies, l'éducation, les soins psychologiques ou les cantines scolaires et propose également de créer une carte européenne pour faciliter l'accès des mineurs vulnérables aux prestations et services de base.
ÉCART DE HANDICAP
La stratégie intègre également une mise à jour du plan européen sur le handicap jusqu'en 2030, avec de nouvelles mesures visant à améliorer l'inclusion et l'accessibilité.
Bruxelles reconnaît que seulement 55 % des personnes handicapées ont un emploi, contre 77 % parmi les personnes non handicapées, tandis que près d'une personne sur trois est menacée de pauvreté ou d'exclusion sociale.
Parmi les mesures proposées figurent le déploiement de la carte européenne d'invalidité et de la carte européenne de stationnement, ainsi que de nouvelles initiatives pour améliorer l'accessibilité des transports et les technologies numériques et les outils d'intelligence artificielle.
Même si la Commission insiste sur le fait que la lutte contre la pauvreté sera une priorité politique dans les années à venir, le plan n'intègre pas de nouveaux financements spécifiques et s'appuiera principalement sur les instruments existants, tels que le Fonds social européen, les fonds de cohésion ou « InvestEU ».