Borrell prévient : « Je ne sais pas ce que Trump doit faire d'autre pour que nous comprenions que les Etats-Unis et l'Europe ne sont pas les alliés d'hier »

MADRID, 2 janvier (EUROPA PRESS) –

L'ancien haut représentant de l'Union européenne et ancien ministre socialiste, Josep Borrell, a souligné ce vendredi que l'Europe ne devrait pas considérer l'administration américaine de Donald Trump comme un allié, sur la base des sanctions contre de hauts responsables européens et des menaces d'annexion du Groenland aux États-Unis.

« Je ne sais pas ce que Trump doit faire d'autre pour que nous comprenions que les États-Unis et l'Europe ne sont pas les alliés d'hier », a déclaré Borrell lors d'une interview accordée à l'émission « Espejo Público » sur « Antena 3 », rapportée par Europa Press.

En ce sens, il a critiqué les propos du président des États-Unis dans lesquels il montrait sa crainte que les pays européens dotés d'un arsenal nucléaire – comme la France ou le Royaume-Uni – puissent avoir un gouvernement qui ne serait pas amical envers les Américains.

Selon Borrell, en Europe, « beaucoup de gens ne veulent pas accepter cette réalité » car ils continuent de penser que les États-Unis sont le plus grand allié de l'Union européenne. « Mais ce n'est plus le cas », a-t-il insisté.

TRUMP SANCTIONNE LA RÉGLEMENTATION EUROPÉENNE SUR LE RRSS

Soutenant cette idée, l'ancien haut représentant a rappelé l'interdiction d'entrée américaine qui pèse sur l'ancien commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton pour avoir été l'un des architectes du Digital Services Act (DSA).

Ce règlement, promulgué l'année dernière, vise à lutter contre les contenus illégaux et à protéger les utilisateurs des réseaux sociaux et prévoit des sanctions pour ceux qui ne s'y conforment pas.

De la même manière, il a rappelé les sanctions contre deux juges de la Cour pénale internationale (CPI) pour les enquêtes ouvertes pour des crimes de guerre présumés à Gaza, où les États-Unis ont affirmé que les juges « avaient participé aux efforts visant à enquêter, arrêter et détenir ou poursuivre des Israéliens sans autorisation d'Israël ».

« Ils ont privé ces juges de tout, d'avoir une carte de crédit, d'avoir un compte bancaire courant, ils en ont fait de véritables parias du numérique ou de la finance », a déploré Borrell.