– MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION
MADRID, 9 février (EUROPA PRESS) –
Le ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, se rendra prochainement à Alger pour préparer le prochain sommet bilatéral entre les deux pays, le premier depuis 2018 et qui permettra de régler en mars 2022 la crise bilatérale déclenchée par le soutien du gouvernement au plan marocain d'autonomie au Sahara.
C'est ce qu'indique le ministère algérien des Affaires étrangères dans un communiqué faisant état de la rencontre tenue ce samedi entre son chef, Ahmed Attaf, et Albares, profitant de la présence du premier à Madrid pour participer à une rencontre sur le Sahara organisée par les Etats-Unis et à laquelle ont également participé le Front Polisario, le Maroc et la Mauritanie.
Des sources étrangères ont déclaré à Europa Press qu' »il n'y a pas encore de date fixée » ni pour la visite d'Albares à Alger ni pour le sommet bilatéral, qui serait le premier depuis l'arrivée de Pedro Sánchez à La Moncloa, même si elles ont assuré que « l'intention du ministre est de se rendre à Alger à un moment donné ».
Selon la partie algérienne, la rencontre entre Albares et Attaf – la quatrième depuis celle tenue en février dernier au G20 et qui a marqué le dégel – a permis de passer en revue les relations bilatérales et « les perspectives d'y insuffler une nouvelle dynamique, notamment dans les secteurs tels que l'énergie, le commerce, l'investissement et les transports, outre la coopération judiciaire et consulaire ».
De même, « la nécessité de profiter de la visite prochainement prévue du ministre espagnol en Algérie en vue de préparer au mieux la célébration de la VIIIe Réunion de haut niveau » a été soulignée, selon le ministère algérien des Affaires étrangères.
De son côté, le ministère espagnol des Affaires étrangères n'a publié aucune déclaration à l'issue de la réunion, ce qu'Albares lui-même a rapporté sur son compte du réseau social X. Dans son message, le chef de la diplomatie espagnole a souligné que les deux pays ont « fortement consolidé des relations politiques d'amitié ».
« Nous sommes amis, partenaires et voisins. L'Algérie est notre premier fournisseur de gaz, un partenaire stratégique, fiable et constant », a souligné le ministre, qui a mis particulièrement l'accent sur le « moment extraordinaire » que vivent les relations commerciales. Ainsi, a-t-il souligné, les exportations ont augmenté de 190% en 2025 et de 141% en 2024. « L'Espagne et l'Algérie continuent d'avancer ensemble », a-t-il souligné.
CRISE BILATÉRALE
Si la visite d'Albares avait lieu, cela constituerait un autre signe que la relation bilatérale revient à ses voies normales, après que la lettre que Sánchez a envoyée à Mohamed VI soutenant le plan marocain d'autonomie pour le Sahara a poussé le gouvernement d'Abdelmayid Tebune à convoquer son ambassadeur pour des consultations en mars 2022.
Après cela, en juin de la même année, voyant que la situation n'était pas résolue, Alger a procédé à la suspension du Traité d'amitié conclu en 2002 et à l'introduction d'une série de restrictions sur les importations espagnoles qui ont amené à les réduire au minimum, même si l'approvisionnement en gaz de l'Espagne a été maintenu sans problème.
Fin 2023, l'ambassadeur d'Algérie est rentré à Madrid tandis qu'en novembre 2024 les restrictions commerciales ont été levées, ce qui a permis le décollage des échanges entre les deux pays, comme le démontrent les données fournies par Albares lui-même ce samedi.
Cependant, il reste encore à attendre que l'Algérie lève la suspension du Traité d'amitié, ce qui pourrait avoir lieu soit lors de la visite du ministre, soit lors de la tenue de la RAN, qui devrait a priori avoir lieu en Espagne, puisque la dernière s'est tenue le 3 avril 2018 à Alger, avec Mariano Rajoy toujours comme président.
Il faut rappeler qu'Albares avait déjà prévu de se rendre à Alger en février 2024 mais la visite a été reportée à la dernière minute en raison de divergences dans son agenda et jusqu'à présent elle ne s'est pas concrétisée. Toutefois, ces derniers mois, le ministre a rencontré Attaf lors de la réunion des ministres du G20 en Afrique du Sud en février, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU en septembre et de nouveau à Johannesburg en novembre lors du sommet du G20.