L'UE et le Canada étudieront l'augmentation des expéditions de gaz vers l'Europe et la création de réserves de matières premières critiques


Dossier – Drapeaux de l'Union européenne et du Canada devant le bâtiment du Berlaymont, siège de la Commission européenne à Bruxelles

– AURORE MARTIGNONI – Archives

BRUXELLES, 30 octobre (EUROPA PRESS) –

L'Union européenne et le Canada ont convenu ce vendredi d'étudier la possibilité d'augmenter les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) canadien vers l'Europe et de créer des réserves de matières premières critiques pour garantir l'approvisionnement de leurs industries, dans le cadre d'une nouvelle alliance économique avec laquelle les deux partenaires cherchent à réduire leur dépendance à l'égard des ressources stratégiques et à se protéger contre d'éventuelles interruptions d'approvisionnement.

C'est ce qu'affirme la déclaration commune adoptée à l'issue du sommet tenu à Montréal, dans laquelle les deux parties s'engagent à réaliser une étude de faisabilité à long terme sur les expéditions de gaz vers le territoire européen et à explorer des mécanismes pour stocker les ressources considérées comme « essentielles » tant pour les industries civiles que de défense.

Plus précisément, Bruxelles et Ottawa ont convenu d'évaluer de nouvelles opportunités d'investissement et des contrats d'approvisionnement énergétique à long terme pour renforcer la sécurité d'approvisionnement, tout en maintenant leurs engagements climatiques et en faisant progresser le développement de sources d'énergie durables.

A cet effet, ils réaliseront une étude commune sur les exportations de GNL vers l'Europe et élargiront leur collaboration dans les domaines des réseaux électriques, du stockage par batteries et de la protection « physique et cyber » des infrastructures énergétiques, selon le document.

Les deux partenaires ont précisé que le développement des bourses gazières doit être compatible avec leurs objectifs respectifs de neutralité climatique et avec les engagements pris dans l'Accord de Paris, tout en défendant la nécessité de promouvoir des sources d'énergie « sûres et durables » à faibles émissions de carbone.

La déclaration envisage également de maintenir la coopération dans les technologies nucléaires, y compris la fourniture d'uranium, de combustibles et de services liés au cycle nucléaire, ainsi que de faire progresser la modernisation de l'accord entre le Canada et la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom).

RÉSERVES ET INVESTISSEMENTS DANS DES MATIÈRES PREMIÈRES CRITIQUES

En parallèle, l'UE et le Canada ont annoncé qu'ils étudieraient des mécanismes de stockage de ressources stratégiques pour réduire l'impact des fluctuations du marché et des tensions géopolitiques sur l'approvisionnement des secteurs industriels considérés comme prioritaires.

L'objectif, selon le texte, est d'améliorer « la préparation et la sécurité d'approvisionnement » des matières premières nécessaires aux activités civiles et militaires, grâce à d'éventuelles réserves permettant d'amortir les effets des crises internationales.

À cette fin, les deux parties prévoient d'accélérer les investissements dans des projets miniers critiques des deux côtés de l'Atlantique, de l'extraction et de la transformation au raffinage, à la fabrication et au recyclage, dans le but de développer des chaînes de production plus « sûres et durables ».

Dans ce contexte, le Canada et la Banque européenne d'investissement (BEI) ont conclu des négociations sur un accord visant à faciliter les investissements européens dans les ressources stratégiques canadiennes, en particulier les matières premières critiques.

En outre, Bruxelles et Ottawa étudieront de nouvelles opportunités d'investissement dans des pays tiers et chercheront à renforcer les connexions entre les ports européens et canadiens pour faciliter le transport d'énergie et de minéraux stratégiques, ainsi qu'à améliorer la protection des infrastructures maritimes et sous-marines.