– Nacho Frade – Europa Press – Archives
MADRID, 8 septembre (EUROPA PRESS) –
Les citoyens européens soutiennent la possibilité de disposer de plusieurs options de propulsion sur le marché pour leur prochain véhicule, face à l'interdiction par l'Union européenne de certaines technologies automobiles.
C'est l'une des principales conclusions d'une nouvelle enquête YouGov réalisée auprès des citoyens de cinq grands marchés européens (France, Allemagne, Italie, Pologne et Espagne, qui représentent ensemble plus de 70 % du marché automobile de l'UE) pour le compte de l'Association européenne des fournisseurs de l'industrie automobile (Clepa), qui révèle une nette réticence à l'égard d'un avenir basé sur une solution technologique unique.
En prenant la moyenne des cinq marchés, seuls 8 % des citoyens ont l'intention d'acheter un véhicule 100 % électrique comme prochaine voiture. Les véhicules hybrides continuent de surpasser les BEV sur pratiquement tous les marchés analysés. La seule exception est l'Allemagne, où l'intention d'achat de véhicules électriques atteint 14 %, suivie de près par les hybrides, avec 13 %.
À leur tour, les consommateurs rejettent les impositions technologiques rigides. Dans les pays analysés, 47 % en moyenne des citoyens sont favorables à l'encouragement d'alternatives plus propres au lieu d'interdire les technologies existantes, tandis que 22 % considèrent que l'Union européenne ne devrait pas du tout intervenir sur le marché automobile. En revanche, seuls 17 % des citoyens seraient favorables à une interdiction directe de certaines technologies.
« L'enquête suggère qu'il existe un décalage entre les décisions politiques prises à Bruxelles et la réalité des citoyens européens. Les citoyens veulent conduire des véhicules plus propres, y compris électriques, mais l'interdiction de facto des véhicules hybrides et à carburant alternatif limite considérablement leurs options », a déclaré le secrétaire général de la Clepa, Benjamin Krieger.
Lorsqu'ils évaluent la transition, les consommateurs considèrent que leur pays est encore moins préparé qu'eux à affronter ce processus (68 %), et un nombre significatif de 75 % affirment que leur pays n'est pas préparé à l'électrification totale. Les principales préoccupations qui expliquent cette réticence sont le manque d'infrastructures de recharge (46 %), le prix des véhicules (46 %) et l'augmentation des coûts de l'énergie (37 %).
Avec trois personnes interrogées sur quatre estimant que leur pays n'est pas encore prêt pour une électrification complète, les résultats suggèrent que les décideurs politiques devraient d'abord se concentrer sur la création des conditions nécessaires au succès de la transition – infrastructure de recharge, véhicules abordables et coûts énergétiques compétitifs – tout en maintenant une variété de technologies à émissions faibles ou nulles pendant le processus de transition.
LA MOITIÉ DES ESPAGNOLS SOUTIENNENT LES DIFFÉRENTES OPTIONS
En Espagne, les résultats reflètent également une nette préférence pour le maintien de différentes options technologiques pendant la transition. Les véhicules hybrides et essence sont les options qui génèrent la plus forte intention d'achat, avec 24 % des répondants dans les deux cas, suivis par les véhicules hybrides rechargeables et à autonomie étendue (PHEV/EREV), avec 17 %, les véhicules diesel (14 %) et les véhicules électriques à batterie (BEV), avec 8 %.
L'Espagne enregistre également le plus grand soutien parmi les cinq pays analysés pour encourager les technologies plus propres sans interdire celles existantes, avec 56 % des citoyens en faveur de cette option. Seuls 21 % des personnes interrogées sont favorables à une interdiction, tandis que 13 % estiment que l'UE ne devrait pas intervenir sur le marché automobile.
Concernant le degré de préparation à l'électrification totale, seulement 19% considèrent que l'Espagne est prête, contre 75% qui pensent le contraire, tandis que 27% des personnes interrogées se considèrent personnellement préparées à cette transition, soit le pourcentage le plus élevé des cinq pays.
Le manque d'infrastructures de recharge est de loin le principal obstacle identifié par les citoyens espagnols (56%), suivi par l'autonomie des véhicules (44%) et leur prix (36%).
« Ces résultats soulignent l'importance d'aligner les politiques publiques sur les besoins, les attentes et la capacité d'adaptation des citoyens. La décarbonisation de la mobilité est un objectif partagé, mais pour que la transition soit efficace et durable, elle doit prendre en compte la réalité des utilisateurs et leur proposer des alternatives qui répondent à leurs différents besoins », a souligné le président de Sernauto, Javier Pujol.