Le gouvernement précise qu'il cherchera à faire de Ceuta et Melilla des régions ultrapériphériques ou un « statut similaire » dans l'UE.


Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, et le ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares

– Eduardo Parra – Europa Press

MADRID, 8 septembre (EUROPA PRESS) –

Le ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, a reconnu lundi la complexité du fait que Ceuta et Melilla soient considérées comme des régions ultrapériphériques, en raison de leurs caractéristiques spécifiques, et a précisé que si cela n'était pas possible, un « statut similaire » serait recherché pour les deux.

Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a annoncé jeudi dernier devant la séance plénière du Congrès des députés que le gouvernement allait demander la reconnaissance des deux villes autonomes comme régions ultrapériphériques ainsi que leur entrée dans l'Union douanière, et le ministre se rendra à Bruxelles mardi et mercredi pour aborder ces deux questions avec les commissaires européens.

« Nous allons voir la possibilité de savoir si elles le sont ou non », a déclaré Albares, soulignant que pour lui l'important « est qu'elles soient des régions ultrapériphériques ou qu'elles aient un statut similaire à celui des régions ultrapériphériques ». « En ce moment, je me soucie davantage de la substance que du nom », a-t-il ajouté.

Le ministre des Affaires étrangères a soutenu que « Ceuta et Melilla ont une position géographique très spécifique, comme les Açores, Madère, les îles Canaries ou d'autres territoires français, par exemple, et qu'elles ont donc également besoin d'une adéquation financière, économique et commerciale » au sein de l'UE. « Et c'est ce que je vais explorer », a-t-il déclaré.

De l'avis du gouvernement, les deux villes autonomes ne peuvent pas être traitées comme d'autres territoires d'Europe continentale en ce qui concerne les relations commerciales et économiques et leur « spécificité » doit donc être reconnue.

C'est pourquoi Albares va « explorer » avec le commissaire commercial, Maros Sefcovic, l'entrée de Ceuta et Melilla dans l'Union douanière ainsi que « les instruments dont dispose l'UE pour améliorer l'adéquation commerciale et économique » des deux, compte tenu de leur « spécificité géographique en tant qu'unique frontière terrestre que l'Espagne et l'Union européenne ont avec l'Afrique ».

Enfin, il a précisé qu'avec le commissaire à l'Intérieur, Magnus Brenner, il analyserait la présence de Frontex à Ceuta et Melilla et l'aide que le gouvernement a demandée pour faire face à la crise dans la première d'entre elles, en insistant une fois de plus sur le fait que « les frontières terrestres de l'Europe du Sud sont aussi importantes que les frontières terrestres de l'Europe de l'Est et, par conséquent, elles méritent la même attention financière, en ressources humaines mais aussi en soutien et solidarité politique ».