La loi européenne sur l'IA favorise le retour des marques à la photographie professionnelle, selon les photographes espagnols


Dossier – Le président de l'AFPE en activité.

– AFPE / GALA MARTÍNEZ – Archives

MADRID, 19 août (EUROPA PRESS) –

L'entrée en vigueur de l'article 50 du règlement sur l'intelligence artificielle (loi IA) de l'Union européenne, qui exige un étiquetage clair et visible des images photoréalistes générées ou manipulées avec l'intelligence artificielle qui simulent l'authenticité, favorise le retour des marques à l'embauche de photographes professionnels, comme le souligne l'Association des photographes professionnels d'Espagne (AFPE).

La réglementation, qui a commencé à être appliquée le 19 août, à l'occasion de la Journée mondiale de la photographie, prévoit des sanctions pouvant atteindre 3% du chiffre d'affaires annuel des entreprises qui ne respecteraient pas l'obligation d'étiquetage.

« Au cours de l'année écoulée, nous avons vu de nombreuses marques prendre le raccourci de l'IA, mais la confiance des consommateurs et le regard humain ne peuvent être falsifiés par l'ordinateur », a déclaré Eva Casado, présidente de l'AFPE.

Casado explique également que « l'effet a été immédiat : la photographie professionnelle connaît un regain inattendu, porté par des marques qui exigent à nouveau des images 100% réelles pour certifier l'authenticité de leurs produits ».

Comme indiqué, la nouvelle obligation légale « a également révélé une méfiance croissante des consommateurs, particulièrement préjudiciable aux marques qui vantent la qualité, la production artisanale ou la proximité ».

« En étant obligées d'étiqueter leurs campagnes avec l'avertissement 'Image générée par l'IA', ces entreprises sont confrontées à une question inconfortable de la part de leurs propres clients : si le produit est réel, de qualité et artisanal, pourquoi l'image qui le représente est-elle artificielle ? » a ajouté le président de l'association dans un communiqué.

Selon l'AFPE, plusieurs entreprises abandonnent l'utilisation de l'intelligence artificielle générative dans leurs campagnes et réembauchent des studios de photographie professionnels pour éviter une éventuelle baisse des ventes liée à la perte de crédibilité.

Casado a souligné que la réglementation européenne « donne raison au secteur ». « Une marque qui vend de la vérité doit montrer la vérité, et le regard humain d'un photographe professionnel est encore une fois son plus grand atout. Lorsqu'un client voit que le produit traditionnel ou de luxe qu'il va acheter est annoncé avec une image artificielle et que la marque a dû l'étiqueter par la loi pour ne pas le tromper, il a le sentiment qu'on lui ment », a-t-il indiqué.

L'association souligne que le secteur photographique espagnol, dont la part de marché était menacée par l'automatisation, se prépare à absorber la nouvelle demande d'images certifiées authentiques par les entreprises et les consommateurs.