La Commission européenne des libertés civiles exige que le Maroc passe des « déclarations aux faits » avec les mineurs de Ceuta


Groupe de mineurs à Ceuta.

– GABRIELA SARDÁ NÚÑEZ – EUROPA PR

SÉVILLE, 19 AOÛT (EUROPA PRESS) –

Le président de la Commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires étrangères du Parlement européen, Javier Zarzalejos – député européen du PP -, a exigé ce mercredi que le Maroc passe des « déclarations aux faits » avec les mineurs de Ceuta qui restent dans la ville autonome depuis l'invasion de juillet dernier.

La Commission européenne a défendu mardi dernier le renvoi vers le Maroc de tous les migrants qui séjournent illégalement à Ceuta, y compris les mineurs étrangers non accompagnés qui ont traversé la ville autonome, affirmant que le droit de l'Union européenne prévoit également leur retour.

Même si le Maroc a exprimé fin juillet son intention de refouler tous les mineurs entrés irrégulièrement à Ceuta, « il y a un écart assez notable entre ce qu'il dit et ce qu'il fait », a déploré le président de la commission des libertés civiles. Zarzalejos a rappelé que ces mineurs se trouvent dans une situation vulnérable ; Leurs conditions sanitaires sont inconnues et, dans le cas des filles, leur vulnérabilité à d'éventuels abus sexuels est accentuée.

« Nous continuons d'insister sur le fait que l'on s'attend à ce que tous ceux qui restent illégalement à Ceuta soient renvoyés », a indiqué lors d'une conférence de presse depuis Bruxelles le porte-parole de la Commission de l'Intérieur, Markus Lammert, qui a salué les déclarations du gouvernement espagnol selon lesquelles aucune personne qui séjourne illégalement à Ceuta ne sera transférée vers la péninsule.

À la question de savoir si lorsqu'il parle de « tout le monde », il inclut également les mineurs, ignorant la protection spéciale qui leur est attribuée par le droit communautaire, il a répondu que « cela est réglementé par le droit de l'UE » et qu'il est en vigueur depuis l'approbation en 2008 de la directive retour.

Selon cette directive, la décision de retour d'un mineur ne peut être prise qu'après avoir obtenu « l'assistance des services compétents dans l'intérêt supérieur de l'enfant ». Il précise également qu'avant qu'un État membre n'expulse un mineur non accompagné de son territoire, « il veillera à ce qu'il soit remis à un membre de sa famille, à un tuteur désigné ou qu'il existe des services d'accueil adéquats dans le pays ».

Le règlement renforce la politique de retour et consolide les centres d'expulsion en dehors du territoire de l'UE, bien que les mineurs non accompagnés soient exclus desdits accords ou conventions avec des pays tiers. Bien entendu, elle ouvre la porte à des contrôles biométriques pour vérifier l'âge des mineurs et à leur détention en « dernier recours » pour « la durée la plus courte possible », avec un maximum de 24 mois.