– Eduardo Parra – Europa Press – Archives
MADRID, le 14 juin (EUROPA PRESS) –
Junts souhaite que le gouvernement espagnol obtienne « sans plus attendre » le statut officiel du catalan, du basque et du galicien dans l'Union européenne (UE) et qu'il en fasse une condition pour soutenir le prochain budget européen. Il exige en outre que la Catalogne soit considérée comme une circonscription spécifique pour les élections européennes et que pour être député européen, il ne soit pas nécessaire de prêter serment à la Constitution espagnole.
C'est ce qu'affirme une proposition non juridique enregistrée par Junts pour débat en séance plénière du Congrès, dans laquelle il exhorte également l'Exécutif à défendre en Europe une réforme des traités qui inclut comme condition 'sine qua non' l'élimination du principe de l'unanimité dans la prise de décision, qui, selon la formation, « paralyse aujourd'hui » l'Union européenne. Selon lui, cette réforme devrait permettre d'avancer « plus rapidement » vers la fédéralisation de l'Europe.
Cette réforme, affirment-ils, doit toucher la politique étrangère, la sécurité et la défense, l’énergie, l’industrie, les technologies stratégiques, la résilience économique et la protection des droits et libertés fondamentaux.
En outre, elle doit prendre en compte le respect de la diversité nationale, culturelle et linguistique de l'Europe et l'application effective du principe de subsidiarité comme base d'une gouvernance européenne « plus démocratique, plus proche, efficace et légitimée aux yeux des citoyens ».
CHOISISSEZ VOS PROPRES DÉPUTÉS
Dans ce contexte, ils suggèrent une réforme de la loi électorale qui permettrait, lors des élections européennes, « aux nations apatrides qui coexistent au sein de l'État espagnol, comme la Catalogne », d'avoir leur propre circonscription pour élire leurs représentants en Europe.
L'initiative soutient également une élection « plus démocratique » de la présidence de la Commission européenne, par exemple à travers un système de deux listes aux élections européennes : une pour élire les représentants locaux aux institutions européennes et une autre pour élire leurs dirigeants.
Sur un autre point, il exige d'appliquer « immédiatement » les changements législatifs nécessaires pour que l'arrêt dans le « cas Junqueras » soit appliqué et que la condition du serment de la Constitution espagnole pour devenir député européen soit supprimée.
La Cour de Justice de l'Union européenne a résolu une question préliminaire soulevée par la Cour suprême concernant l'immunité d'Oriol Junqueras après avoir été élu député européen et a établi qu'une personne élue au Parlement européen acquiert le statut de membre du Parlement européen à partir de la proclamation officielle des résultats et jouit à partir de ce moment des immunités liées à cette fonction.
GESTION DE FONDS EUROPÉENS DÉCENTRALISÉE
En matière budgétaire, Junts exhorte le gouvernement espagnol à défendre que, dans le prochain budget européen, la gestion de tous les fonds européens soit décentralisée et soit entre les mains des territoires qui le souhaitent.
Il appelle également à réglementer en interne le droit des nations apatrides à être représentées avec un pouvoir de décision devant les institutions européennes, « au moins en fonction de leur poids démographique ».
L’EUROPE COMME COMMUNAUTÉ DE VALEURS ET NON UNIFORME
Dans l'exposé des motifs, le parti indépendantiste affirme que l'Europe n'est pas seulement « un marché, une monnaie ou une architecture institutionnelle partagée, mais une communauté de valeurs fondée sur la dignité humaine, la démocratie, la liberté, les droits fondamentaux, la justice sociale et le respect de la pluralité politique, culturelle, linguistique et nationale de ses peuples ».
Le groupe parlementaire inscrit sa proposition non législative dans un contexte international marqué par la montée de l'autoritarisme, les guerres hybrides, la vulnérabilité énergétique, la concurrence technologique mondiale et la déstabilisation géopolitique.
Pour cette raison, il défend que l'UE doit renforcer son autonomie stratégique et sa capacité de réponse commune, tout en prévenant que ce renforcement ne peut pas être construit « à partir d'une uniformisation ou d'une conception centraliste de l'Europe », mais à partir du renforcement démocratique des institutions européennes, de l'application effective du principe de subsidiarité et d'un plus grand respect de la proximité institutionnelle.