Pyongyang attaque l'UE et Séoul pour avoir condamné leur soutien militaire à Moscou sur le front ukrainien


Archives – Le Musée commémoratif des actes de combat lors des opérations militaires étrangères a ouvert ses portes le 26 avril. Le musée est dédié aux soldats nord-coréens qui ont participé à la libération de la région russe de Koursk.

– Europa Press/Contact/Stanislav Varivoda – Archives

MADRID, 14 juin (EUROPA PRESS) –

Le ministère des Affaires étrangères de la Corée du Nord s'en est pris samedi à l'Union européenne et à la Corée du Sud, accusant les deux blocs d'entretenir une « obsession de la confrontation », en réponse à la condamnation émise par Bruxelles et Séoul concernant la coopération militaire nord-coréenne avec Moscou sur le front ukrainien.

« Comme on pouvait s'y attendre, la République de Corée est un Etat ennemi invariable, obsédé par l'hostilité et la confrontation (…) Comme conséquence inévitable, le 'poignard' préféré des Etats-Unis a fini par ressortir du foulard de soie appelé 'paix' », a déclaré avec force le porte-parole dans des déclarations rapportées par l'agence d'Etat nord-coréenne, KCNA.

En réponse à la déclaration conjointe signée mercredi dernier par le président sud-coréen et les dirigeants de la communauté sud-coréenne, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a déclaré que cela constituait « une violation flagrante de la souveraineté » et constituait un « acte hostile ».

Dans le même esprit, la Corée du Nord a accusé Lee d'« enlever le masque ennuyeux de la paix » et a décrit son pays comme « l'État ennemi numéro un », affirmant qu'il ne pourra jamais y avoir de « coexistence pacifique » entre les deux pays tant que la Corée du Sud sera une « marionnette des forces ukrainiennes ».

L'UE ET LA CORÉE, PARTENAIRES EN VUE DE LA PARTICIPATION DE LA CORÉE DU NORD SUR LE FRONT UKRAINIEN

L'Union européenne et la Corée du Sud ont conclu mercredi dernier un accord commercial numérique et renforcé leur partenariat stratégique dans de nouveaux domaines de coopération en matière de sécurité et de défense, dans un moment mondial « incertain », tel que défini par les dirigeants.

Les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, Ursula von der Leyen et António Costa, ainsi que le président sud-coréen Lee Jae Myung, ont condamné la « coopération militaire illégale » entre Moscou et Pyongyang, tout en exprimant leur « sérieuse inquiétude » concernant les programmes nucléaires et de missiles balistiques de la Corée du Nord, exigeant la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne.

Ainsi, von der Leyen a souligné que les sécurités européenne et coréenne « sont plus interconnectées que jamais », citant comme exemple le fait que les soldats nord-coréens combattent aux côtés des troupes russes en Ukraine. Il a également remercié Séoul pour son « soutien vital » à Kiev dès le premier jour de l'invasion.

KIM JONG-UN RÉAFFIRME L'ALLIANCE AVEC LA RUSSIE ET ​​EXCLUT LA DÉNUCLÉAIRE

Le dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong Un, a réaffirmé vendredi dernier l'alliance entre Pyongyang et Moscou dans une lettre adressée au président russe, Vladimir Poutine, et a souligné son « soutien inconditionnel » au pays en plein rapprochement entre les deux et alors que l'invasion de l'Ukraine progresse.

En ce sens, il a attribué le lien croissant entre les parties au respect de leurs obligations respectives dans le cadre du traité de partenariat stratégique global signé lors du sommet de juin 2024, un pacte qui a été durement critiqué par la communauté internationale, avec une mention particulière à Bruxelles et Séoul.

De son côté, la Corée du Nord a durci le ton il y a quelques semaines après que les pays qui composent le Dialogue quadrilatéral de sécurité (Quad) – Australie, Etats-Unis, Inde et Japon – aient plaidé en faveur de la « dénucléarisation » du pays. Depuis Pyongyang, ils ont assuré que, « quoi qu'en disent les autres », la Corée du Nord défendrait « ses droits souverains, sa sécurité et ses intérêts ainsi que le droit au développement de l'État ».