Les Vingt-Sept donnent leur feu vert à l’Espagne pour s’écarter de la trajectoire budgétaire et augmenter les dépenses de défense


Dossier – Les drapeaux de l'Espagne et de l'Union européenne flottent au siège du SEPI, le 7 février 2025, à Madrid (Espagne).

– Eduardo Parra – Europa Press – Archives

LUXEMBOURG 12 juin (EUROPA PRESS) –

Ce vendredi, les ministres de l'Économie et des Finances de l'Union européenne (Ecofin) ont donné leur feu vert à l'Espagne pour profiter de la clause de sauvegarde nationale prévue dans les règles budgétaires européennes pour augmenter les dépenses de défense, ce qui permettra au gouvernement de s'écarter temporairement de la trajectoire budgétaire convenue avec Bruxelles sans s'exposer à une procédure de déficit excessif.

L'autorisation permettra à l'Espagne de dépasser les taux de croissance maximaux des dépenses nettes fixés dans son plan budgétaire jusqu'en 2028, à condition que l'augmentation soit liée aux investissements dans la sécurité et la défense et ne dépasse pas l'équivalent de 1,5% du PIB, conformément à la flexibilité permise par la Commission européenne pour répondre à la détérioration du contexte géopolitique.

Cette décision intervient après que l'Exécutif communautaire a soutenu en mai dernier la demande présentée par le gouvernement espagnol, qui justifiait la nécessité de bénéficier de ce mécanisme en raison de l'impact de la guerre en Ukraine sur la sécurité européenne et de la nécessité d'accélérer le déploiement du Plan industriel et technologique de sécurité et de défense.

Bruxelles considère que la situation géopolitique actuelle constitue une circonstance exceptionnelle ayant un impact significatif sur les finances publiques des États membres et inscrit cette mesure dans le cadre de la stratégie européenne visant à renforcer les capacités de défense et à réduire les dépendances stratégiques de l'Union.

La Commission prévient toutefois que cet effort d'investissement accru doit être compatible avec la viabilité des finances publiques à moyen terme et a noté que des dépenses militaires structurellement plus élevées nécessiteront par la suite des mesures d'ajustement pour garantir une trajectoire descendante de la dette et le respect des règles budgétaires une fois cette flexibilité temporaire expirée.