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MADRID, 17 avril (EUROPA PRESS) –
Les gouvernements d'Espagne, d'Irlande et de Slovénie ont demandé à la haute représentante de l'UE pour la politique étrangère, Kaja Kallas, un débat formel sur l'accord d'association avec Israël dans lequel « toutes les actions sont maintenues sur la table », y compris sa suspension, à la lumière des mesures et des actions mises en œuvre par le gouvernement de Benjamin Netanyahu.
Les ministres soutiennent que l'examen déjà effectué en juin dernier sur le respect par Israël de ses obligations en vertu de l'article 2 de l'accord, qui exige le respect des droits de l'homme, a clairement montré que tel n'était pas le cas « et que la situation n'a fait que se détériorer ».
« Compte tenu du niveau de violence et de la gravité de la situation actuelle », ajoutent-ils, mentionnant entre autres Gaza, la Cisjordanie et le Liban, « il est urgent de revoir la question de la réponse de l'UE, y compris les propositions présentées par la présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen, en septembre dernier, pour une suspension partielle de l'accord ».
De l'avis de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie, pays qui ont reconnu ensemble la Palestine au printemps 2024, « une action courageuse et immédiate est nécessaire, et toutes les actions doivent être sur la table », ce qui inclurait la suspension de l'accord, même si cela n'est pas expressément mentionné. « L'UE ne peut pas rester en marge », concluent les trois ministres.
La Commission européenne a déjà prévenu il y a quelques jours que pour réussir la suspension partielle de l’accord avec Israël, il faudrait l’unanimité des Vingt-Sept, et jusqu’à présent ce consensus n’a pas été atteint, même si toutes les propositions restent sur la table.
Quoi qu'il en soit, si Kallas répond à la demande de reprise du débat, la première opportunité pourrait être mardi prochain, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères à Luxembourg. En outre, les chefs d'État et de gouvernement de l'UE se sont réunis jeudi et vendredi à Chypre, bien qu'il s'agisse d'un conseil informel et qu'une décision de ce type n'a donc pas pu être adoptée.
ARGUMENTS EN FAVEUR DU DÉBAT
Dans leur déclaration explicative, les trois ministres expriment leur « profonde préoccupation » face à certaines mesures et décisions militaires adoptées par le gouvernement israélien, ainsi qu'à certaines lois adoptées par le Parlement qui « contreviennent aux droits de l'homme et violent le droit international et le droit international humanitaire » et le refus de les annuler.
« L'UE ne peut pas continuer à rester silencieuse ou inactive face à de telles violations, pour une question de cohérence et pour sa propre crédibilité », défendent-ils, l'appelant à exercer sa « responsabilité morale et politique ».
Plus précisément, ils citent l'approbation de la peine de mort contre les terroristes palestiniens, qui, selon eux, viole l'article 2 de l'accord d'association ; la « situation insoutenable à Gaza », où le cessez-le-feu est violé et où l'aide n'arrive pas suffisamment ; ou la détérioration rapide de la situation en Cisjordanie en raison de l'escalade de la violence contre les Palestiniens de la part des « colons radicaux » et des opérations de l'armée israélienne.
Ils évoquent également le Liban, où ils célèbrent l'annonce d'un cessez-le-feu de 10 jours et demandent à toutes les parties d'agir avec retenue et responsabilité pour que cessent toutes attaques et violences. En ce sens, ils exigent expressément qu'Israël cesse immédiatement ses opérations militaires qui ne respectent pas le droit international et détruisent les infrastructures civiles, en plus de provoquer l'exode de 1,2 million de Libanais.
Les déclarations des autorités israéliennes, ajoutent-ils, exprimant l'intention de maintenir le territoire occupé au sud du Liban constituent « une violation flagrante du droit international qui ne peut rester sans réponse ».