– Carlos Castro – Europa Press – Archives
BRUXELLES, 14 janvier (EUROPA PRESS) –
L'Espagne fait partie des États membres ayant les meilleures pratiques en matière de contrôle de l'huile d'olive, selon un rapport de la Cour des comptes européenne (CCE), qui met toutefois en garde contre les délais trop longs de ses procédures de sanctions.
Lors de la présentation du rapport, les auditeurs ont souligné que les autorités espagnoles analysent tous les paramètres requis par la réglementation dans les contrôles de conformité, une pratique qui n'est pas systématiquement appliquée dans le reste des pays examinés.
De même, ils soulignent que l'Espagne, principal producteur d'huile d'olive du continent, effectue des contrôles dans toutes les phases de la chaîne d'approvisionnement, depuis l'industrie et le commerce de détail jusqu'aux importations, exportations et ventes en ligne, y compris les huiles d'olive de différentes origines.
Cependant, la Cour a précisé lors d'une conférence de presse qu'elle avait également identifié des « faiblesses » dans le cas espagnol, notamment en ce qui concerne la durée des procédures de sanctions, qui peuvent durer plusieurs années, ce qui retarde le retrait du marché des produits non conformes et réduit l'effet dissuasif des sanctions.
APPLICATION INÉGALE DU CADRE JURIDIQUE
En outre, le rapport met en garde contre les carences dans l'application des règles au niveau communautaire et souligne la nécessité de renforcer la traçabilité et l'efficacité des sanctions, malgré le fait que l'Union européenne dispose d'un cadre réglementaire complet pour garantir que l'huile d'olive est « authentique, sûre et traçable ».
Les auditeurs constatent que certains pays n'effectuent pas le nombre minimum de contrôles requis, n'analysent pas tous les paramètres obligatoires ou excluent des parties du marché de leurs contrôles sans justification fondée sur le risque.
POLLUANTS ET IMPORTATIONS
D’un autre côté, la Cour a constaté que les contrôles sur les résidus de pesticides dans l’huile d’olive produite dans l’UE fonctionnent correctement et détectent rarement les non-conformités. Toutefois, les systèmes de contrôle pour d’autres contaminants sont moins développés et les analyses de risques ne sont pas toujours documentées.
En outre, bien que l'UE importe environ 9 % de l'huile d'olive qu'elle consomme, le rapport prévient que l'huile provenant de pays tiers n'est pas systématiquement contrôlée, ni pour les pesticides ni pour d'autres contaminants, ce qui, selon les auditeurs, « présente un risque potentiel pour le système de contrôle ».
Un autre problème détecté est la traçabilité de l'origine du produit, notamment lorsqu'il s'agit d'huiles d'origine mixte ou qui traversent les frontières au sein de l'UE. Bien que des pays comme l'Espagne et l'Italie incluent l'origine dans les contrôles à toutes les étapes de la chaîne, les auditeurs ont constaté qu'il n'est pas toujours possible de suivre la trace complète.
Compte tenu de ces déficiences, la Cour recommande à la Commission européenne de renforcer la surveillance des systèmes de contrôle nationaux, de clarifier les règles relatives au mélange des huiles, d'améliorer les orientations sur les contrôles des contaminants et de renforcer la traçabilité.
« L'UE dispose d'un cadre solide pour garantir la qualité et la sécurité de l'huile d'olive, mais son application peut encore être améliorée », soulignent-ils, tout en soulignant que l'avancement de ces mesures est essentiel pour maintenir la confiance des consommateurs et protéger la réputation du secteur.
RÉPONSE DE LA COMMISSION
En réponse au rapport, l'Exécutif communautaire a reconnu que l'enquête des auditeurs identifie des « domaines à améliorer » dans l'application des réglementations par les États membres, tout en estimant que le cadre européen pour l'huile d'olive est « complet » et garantit un haut niveau de qualité, de sécurité et d'authenticité pour les consommateurs.
La Commission européenne rappelle que la mise en œuvre de ces règles relève de la responsabilité des autorités nationales, à travers des systèmes de contrôle basés sur les risques, et admet que l'analyse de la Cour des comptes lui apporte des informations supplémentaires sur le fonctionnement de ces mécanismes et sur les domaines dans lesquels il sera nécessaire de renforcer la surveillance.
À la lumière de ces conclusions, elle s'engage à renforcer sa surveillance des systèmes nationaux, en demandant des données plus détaillées sur les inspections effectuées et les sanctions appliquées, ainsi qu'à mettre à jour les orientations adressées aux États membres, notamment sur les contaminants et la traçabilité.
De même, rappelez-vous que l'huile d'olive en provenance de pays tiers doit être expressément prise en compte dans les contrôles et répondre aux mêmes exigences que celle produite au sein de l'Union européenne.