Madrid 4 mars (Europa Press) –
Le Collège du plaidoyer de Madrid (ICAM) a envoyé ce matin une lettre au ministre de la Justice lui demandant d'envisager d'intervenir dans la procédure ouverte devant la Cour de justice de l'Union européenne (TJue).
Dans cette intervention, le Royaume d'Espagne doit répondre aux questions préjudiciables soulevées par la Cour constitutionnelle de Belgique, publiée hier dans la Gazette officielle de l'Union européenne.
La procédure vise à clarifier si les États membres sont obligés de exclure de la portée de la directive 2019/1937 non seulement les informations protégées par le secret professionnel des avocats, mais aussi celle protégée par le devoir de confidentialité d'autres professions juridiques.
De même, il est proposé si, en cas de cette obligation, les États peuvent décider librement de cette exclusion ou si, au contraire, la directive viole les droits fondamentaux perçus dans la lettre de droits fondamentaux de l'UE, en particulier les articles 7, 8 et 16, qui garantissent le droit de respecter la vie privée, la protection des données personnelles et de la liberté des activités.
L'ICAM considère qu'il est essentiel que l'Espagne adopte une position claire et répond à ces questions, dans l'objectif de renforcer la protection du secret professionnel dans le cadre de la directive 2019/1937, qui réglemente les canaux de dénonciation des infractions de la loi de l'Union.
L'institution souligne que la défense du secret professionnel est la pierre angulaire du droit de défense et de l'exercice indépendant du droit.
L'ICAM rappelle que seuls les États membres peuvent intervenir dans cette procédure, de sorte que la participation du Royaume d'Espagne est cruciale pour consolider une position ferme dans la protection de la confidentialité des conseils juridiques.
Ce problème prend une transcendance spéciale non seulement pour son impact sur la garantie de la confidentialité des conseils juridiques, mais aussi parce que la question de la décision préliminaire transcende la portée du droit des compétences et affecte directement l'essence de l'exercice du droit, y compris la nécessité de protéger la confidentialité des conseils fournis par les avocats de la société.
Dans ce contexte, ICAM souligne que le droit organique de la défense récemment approuvé, promu par le ministère de la Justice, renforce la protection du secret professionnel dans son article 16.
Par conséquent, l'intervention de l'Espagne avant le TJue serait non seulement conforme à son cadre réglementaire interne, mais contribuerait également à consolider un critère uniforme dans la sphère européenne en faveur de la confidentialité de la relation avocat-client.
Le doyen de l'ICAM, Eugenio Ribón, a déclaré que « le secret professionnel est une garantie fondamentale de l'état de droit et un pilier essentiel de l'exercice du droit ». « Nous exhortons le ministère de la Justice à prendre une position claire dans la défense de cela juste avant le Tjue, contribuant ainsi à renforcer la protection de la confidentialité des conseils juridiques dans toute l'Union européenne », dit-il.
L'ICAM souligne également que les entités clés, telles que les associations de barreaux belges et l'Association européenne des avocats des affaires, ont exprimé leur inquiétude pour cette question et leur volonté de participer à la procédure.
L'intervention du Royaume d'Espagne permettrait de consolider un positionnement solide pour défendre la confidentialité et les principes essentiels du droit. « ICAM réaffirme son engagement dans la défense du secret professionnel et continuera de promouvoir des initiatives pour garantir sa pleine protection », a-t-il conclu.