Von der Leyen aura dans un mois les conclusions du panel d'experts qui étudie l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs


Fichier – Un enfant utilisant un téléphone portable

– DONNÉ PAR LE GOUVERNEMENT DES ÎLES CANARIES – Archive

BRUXELLES, 16 juin (EUROPA PRESS) –

Le panel d'experts nommé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour évaluer d'éventuelles mesures visant à restreindre l'accès des mineurs aux réseaux sociaux présentera dans un mois, le 13 juillet, son rapport final avec des recommandations spécifiques pour que Bruxelles décide de présenter ou non des réformes législatives avant la fin de l'année.

C'est ce qu'ont indiqué les services communautaires au terme de la troisième et dernière réunion organisée par ce groupe d'experts, qui, au cours de leurs mois de travail, ont rencontré des jeunes, des éducateurs, des associations de parents, des juristes, des informaticiens, des professionnels médicaux et des défenseurs des droits de l'enfant.

« Les réseaux sociaux peuvent connecter et inspirer. Mais lorsqu'un jeune sur trois déclare qu'ils le stressent, le tristent ou l'excluent, nous ne pouvons ignorer l'impact sur sa santé mentale et son bien-être. Et lorsqu'un quart de nos jeunes sont confrontés à des contenus problématiques en ligne, allant des discours de haine à la pression corporelle et à la violence inattendue, c'est un signe clair qu'il est temps de changer », a prévenu Von der Leyen, dans un communiqué après avoir connu la date de publication du rapport des experts.

Lundi déjà, dans une intervention depuis Évian (France), Von der Leyen a déclaré qu'il existe de plus en plus d'arguments « solides » pour retarder l'accès des mineurs aux réseaux sociaux en raison des risques que peuvent présenter ces plateformes lors des étapes « fondamentales » de leur développement personnel.

L'Union européenne dispose déjà d'une législation spécifique pour réglementer l'espace numérique, notamment la loi sur les services numériques (DSA), par laquelle Bruxelles a engagé des poursuites contre de grandes plateformes telles que TikTok ou Instagram pour ne pas avoir pris de mesures pour atténuer les risques ou vérifier l'âge d'accès.

Mais le conservateur allemand a annoncé en septembre dernier que son exécutif analyserait la situation des risques posés par l'exposition des mineurs aux réseaux sociaux et a évoqué l'exemple de l'Australie, premier pays au monde à imposer une interdiction d'accès jusqu'à 16 ans.

Il s'est toutefois montré prudent quant à la portée de la mesure ou à la fixation d'un seuil d'âge avant de consulter les gouvernements, les organisations, les experts, les familles et la société civile. La question de l'âge minimum est une compétence nationale, ce qui complique la progression vers une approche politique commune, mais soulève également des difficultés techniques, comme dans le cas des utilisateurs voyageant d'un État membre à un autre.

Des pays comme l'Espagne et la France développent déjà des réformes législatives dans le même sens et Bruxelles a applaudi ces mesures, tout en précisant qu' »ils ne peuvent pas imposer d'obligations supplémentaires (à celles déjà imposées par le DSA) aux très grandes plateformes, puisque c'est une prérogative de la Commission européenne ».

Entre-temps, et consciente qu'avant toute décision législative, il est nécessaire de disposer d'abord des outils techniques nécessaires pour l'appliquer, la Commission européenne a développé en collaboration avec un groupe de pays, dont l'Espagne, une application capable de vérifier l'âge réel de l'utilisateur qui accède aux réseaux sociaux depuis des appareils mobiles ou autres.