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CADIX, 28 février (EUROPA PRESS) –
L'organisation environnementale Verdemar Ecologistas en Acción a dénoncé ce samedi que le Traité entre l'Union européenne et le Royaume-Uni concernant Gibraltar, publié le 26 février 2026, représente « le manque effectif de protection » de quelque 25 000 hectares intégrés dans le réseau Natura 2000, notamment dans la Zone Spéciale de Conservation (ZEC) du Détroit de l'Est.
Comme l'indique l'entité dans une note, « bien que le texte du traité ne contienne pas de chapitre spécifique sur les mouillages, le remplissage ou le ravitaillement » en tant que réglementation environnementale directe, « il intègre des dispositions douanières qui consolident et facilitent les activités maritimes à fort impact dans une zone protégée européenne, sans introduire de garanties environnementales supplémentaires ».
Pour cette raison, Verdemar assure que le texte « envisage expressément » la fourniture de carburant aux navires (« bunkering ») dans le cadre des procédures douanières spéciales entre Gibraltar et l'Union européenne.
Dans ce sens, il souligne que le traité permet : d'importer du carburant par voie maritime après avoir accompli les formalités douanières dans un poste désigné de l'UE (par exemple, Algésiras), « sans qu'il soit nécessaire de présenter physiquement le carburant à ce point », d'exporter des fournitures et du carburant vers des navires à destination de pays tiers « après avoir accompli des procédures douanières sans présentation physique » et de recevoir des marchandises « sous des régimes spéciaux tels que l'admission temporaire ou le traitement interne à Gibraltar ».
L'entité indique que ces dispositions « consolident et accélèrent » le ravitaillement dans les eaux du détroit, « une activité qui a historiquement généré des plaintes en raison du risque de déversements, de pollution marine et d'impact sur les habitats protégés ».
De même, Verdemar prévient que le traité « donne la priorité à la fluidité des échanges plutôt qu'à la protection de l'environnement, en n'incorporant pas de mécanismes de contrôle écologique renforcés dans les zones sensibles ».
« UNE GRAVE OMISSION »
En revanche, l'entité souligne que l'accord « n'établit pas de nouvelles zones de mouillage ni ne réglemente expressément leur localisation ». Cependant, « il n'introduit pas non plus de limites ou de conditions environnementales spécifiques pour les mouillages existants au large de Gibraltar ».
Pour cette raison, Verdemar prévient que « la présence de grands navires ancrés à proximité de la ZEC continue », que le risque de « déversements accidentels » augmente et qu'il existe une « pression cumulative sur les habitats marins protégés ».
L'organisation considère que « l'absence de réglementation spécifique dans le traité constitue une grave omission dans une enclave stratégique et écologiquement fragile ».
Parallèlement, l'entité souligne que l'accord « ne traite ni ne réglemente expressément les décharges associées au projet urbain connu sous le nom d'Eastside ou Marina Este ». Ces travaux visant à gagner des terres sur la mer ont fait l'objet de plaintes répétées de la part des organisations environnementales et des autorités espagnoles.
Selon Verdemar, une partie des remblais « affecte la ZEC du détroit oriental », de sorte qu' »un pourcentage important de l'espace protégé serait occupé ». De même, les travaux modifient les fonds marins, les courants et les processus de sédimentation et préviennent qu'il existe « des risques liés à l'utilisation de matériaux de remplissage et des effets possibles sur la qualité de l'eau ».
DILIGENCES AUPRÈS DU TRIBUNAL DE CADIX ET DE L'EUROPE Compte tenu de cette situation, selon Verdemar, ces actions « pourraient violer » la Directive Habitats 92/43/CEE, qui « interdit la détérioration des habitats protégés dans les ZEC », la Directive Cadre sur la Stratégie Marine 2008/56/CE, la Loi Côtière (Loi 22/1988) et la Loi 42/2007 du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité.
Dans ce sens, l'entité a indiqué que le Tribunal de Cadix « maintient ouverte une procédure pour d'éventuels délits contre l'aménagement du territoire et l'environnement liés au remplissage et à l'occupation des eaux considérées comme espagnoles ».
De même, l'organisation a transmis ses plaintes aux instances européennes, « demandant que des clauses environnementales explicites soient intégrées dans les accords post-Brexit qui affectent Gibraltar et l'environnement du détroit ».
Pour toutes ces raisons, Verdemar assure que le traité « consolide le régime douanier qui facilite le ravitaillement, n'introduit pas de limites environnementales spécifiques sur les mouillages, ne réglemente ni ne conditionne les décharges dans la zone orientale et n'intègre pas les mécanismes de protection renforcés du réseau Natura 2000 ».
Dans cette optique, l'accord « ignore le principe de précaution et laisse sans réponse un conflit environnemental, territorial et juridique qui affecte l'un des espaces marins les plus précieux de la Méditerranée occidentale ».
« Ce traité consolide des activités à fort impact dans une zone protégée européenne. Les rejets sont autorisés, les décharges sont consolidées, le ravitaillement est facilité et les mouillages sont maintenus sans contrôle environnemental renforcé. C'est, en pratique, l'absence de protection de 25 000 hectares du réseau Natura 2000 », déclare Verdemar Ecologistas en Acción.
En ce sens, l'entité comprend que le traité « ne réglemente pas expressément les décharges ou les mouillages, mais il établit un cadre douanier qui facilite l'approvisionnement en carburant et les opérations maritimes dans la zone autour du détroit ».
Pour Verdemar, cette « absence » de garanties environnementales spécifiques « constitue une menace sérieuse pour la ZEC du détroit de l'Est et pour l'intégrité du réseau Natura 2000 ».
Dans ce contexte, l'organisation annonce qu'elle « continuera à promouvoir des actions juridiques, institutionnelles et européennes pour exiger la protection efficace du détroit et le strict respect des réglementations environnementales en vigueur ».