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BRUXELLES, 22 juin (EUROPA PRESS) –
Les autorités belges ont donné ce lundi après-midi leur « feu vert » à « cinq visas », valables pour un seul jour, dont la date n'a pas été communiquée et ne seront valables que pour le territoire belge et non pour le reste de l'espace sans frontières Schengen, comme l'a expliqué un porte-parole du ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot.
Les visas ont été accordés après l'analyse sécuritaire pertinente effectuée par les services de sécurité de l'État et les services de renseignement militaire, qui ont conclu qu'il n'existait aucune information permettant de penser que les personnes en question constituent une menace pour le territoire belge.
Malgré la confirmation par la diplomatie belge que cinq visas ont été accordés, les mêmes sources ont refusé de confirmer la date à laquelle aura lieu la visite de la délégation talibane pour des raisons de sécurité, tout en rappelant que le motif de la visite est une réunion avec la Commission européenne, l'institution « organisatrice » de la réunion, et qu'il appartient donc à cette instance d'informer si elle le considère comme tel.
Justement interrogé ce lundi sur une visite imminente, le porte-parole de l'Exécutif communautaire chargé de l'Intérieur et de la Migration, Markus Lammert, a évité de confirmer la date de la réunion ou que les visas avaient été accordés, mais il a rappelé que Bruxelles attend la visite de représentants du régime taliban pour aborder la question migratoire « à un niveau technique ».
Lammert a réitéré qu'il s'agit d'un contact « au niveau technique » avec les autorités « de facto » de l'Afghanistan dans lequel Bruxelles assume un rôle de coordination à la demande de vingt États membres – parmi lesquels l'Espagne ne fait pas partie – qui ont appelé en octobre à accélérer les retours vers ce pays.
Il s'agirait du deuxième contact avec Kaboul depuis janvier dernier pour explorer les moyens d'accélérer le retour des Afghans qui se trouvent irrégulièrement dans l'UE et qui sont considérés comme une menace potentielle pour la sécurité sur ce territoire.
La réunion, bien qu'à un niveau technique, sera la première visite officielle de membres des autorités afghanes « de facto », même si Bruxelles et Kaboul ont déjà eu des premiers contacts à ce niveau en janvier dernier en Afghanistan. Cependant, l'Exécutif communautaire insiste sur le fait qu'il ne s'agit en aucun cas d'une reconnaissance du régime.
Mi-mai, la Commission européenne a confirmé l'envoi d'une lettre d'invitation aux talibans par la Direction générale de l'intérieur de la Commission européenne (DG Intérieur) et le ministère suédois des Migrations, même si les services communautaires ont alors souligné que le rôle de Bruxelles est de coordonner une initiative qui n'est pas la sienne – mais plutôt celle d'une vingtaine de pays -.
Le porte-parole a également souligné que les retours que la Commission envisage pour le moment répondent à des individus qui « constituent une menace pour la sécurité » dans l'Union européenne et que, en tout état de cause, ils doivent être effectués conformément au droit européen et international, y compris le respect des droits de l'homme.
20 PAYS DEMANDENT DES EXPORTATIONS
L'initiative remonte à octobre de l'année dernière, lorsqu'une vingtaine de pays européens, l'Allemagne et la Belgique en tête, avaient demandé à l'Union européenne d'accélérer les procédures d'expulsion des citoyens afghans sans permis de séjour, malgré les avertissements des Nations Unies sur l'énorme danger auquel ils s'exposent à leur retour sous le régime fondamentaliste des talibans.
Ensuite, dans une lettre adressée au commissaire chargé des migrations, Magnus Brunner, les pays signataires – parmi lesquels l'Espagne ne fait pas partie – ont exhorté la Commission à prendre « des mesures concrètes pour faciliter le retour volontaire et forcé des citoyens afghans qui n'ont pas de droit de séjour légal dans l'UE et, en particulier, de ceux qui représentent une menace pour l'ordre public ».
« Les pays du nord au sud, d'est en ouest, sont confrontés au même obstacle : nous ne pouvons pas expulser des Afghans illégaux ou criminels, même s'ils ont été condamnés », peut-on lire dans la lettre signée l'automne dernier par la Belgique, l'Autriche, la Bulgarie, Chypre, la République tchèque, l'Estonie, la Finlande, l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, l'Italie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, la Slovaquie, la Suède et la Norvège.