– FRANÇOIS LENOIR / UNION EUROPÉENNE – Archive
BRUXELLES, le 6 mars (EUROPA PRESS) –
Les Vingt-Sept ont établi ce vendredi quelle sera leur position de négociation avec le Parlement européen pour protéger les adultes vulnérables dans des situations transfrontalières – comme la vente de biens ou de soins médicaux à l'étranger – et ont soutenu l'idée de Bruxelles de créer un « certificat européen de prise en charge et de représentation » de la personne concernée, tout en excluant d'autres mesures comme des registres interconnectés entre États membres.
Le mandat a été approuvé par les ministres de la Justice de l'Union européenne lors d'une réunion à Bruxelles, mais il a été voté contre l'Espagne, pour qui les lignes de négociation fixées par le Conseil ne sont pas assez « ambitieuses », comme l'indique un communiqué du ministère de la Justice.
L'objectif de la nouvelle règle, dont la forme définitive doit encore être négociée par le Conseil et le Parlement européen, est de mieux protéger les droits des adultes qui, en raison de maladies liées à l'âge, comme la maladie d'Alzheimer, par exemple, ne peuvent plus prendre de décisions sans le soutien de membres de leur famille ou d'un tuteur.
Le nouveau règlement garantira que votre droit à l'autonomie lors de vos déplacements au sein de l'UE soit respecté, y compris la liberté de prendre vos propres décisions, en déterminant quel tribunal ou autre autorité est compétent pour prendre des mesures de protection dans une affaire transfrontalière, quelle législation s'applique et comment les décisions ou pouvoirs de représentation établis à l'étranger sont reconnus et exécutés.
Parmi les initiatives que la Commission européenne a proposées dans sa proposition et que les 27 incluent également dans leur mandat, figure la création d'un certificat européen de soutien et de représentation pour permettre aux représentants de démontrer plus facilement leurs pouvoirs dans un autre État membre.
Les gouvernements défendent cependant qu'un tel certificat peut être utilisé non seulement pour démontrer la représentation, mais aussi pour que le représentant soit autorisé à soutenir l'adulte concerné.
Toutefois, les ministres ont exclu également la création de registres interconnectés pour fournir des informations sur les mesures de protection dans un autre État membre, estimant que cela ajouterait une lourde charge bureaucratique à l'introduction de la nouvelle règle. Cependant, ils laissent la porte ouverte à l'Exécutif communautaire pour réévaluer la possibilité de créer ces registres une fois la législation en vigueur.
Une autre clé de la réforme concerne la relocalisation d'un adulte vulnérable et les cas dans lesquels un État membre peut s'opposer à ce transfert vers son territoire. Dans ce cas, les pays préconisent de se référer à la procédure prévue par la Convention de La Haye de 2000, qui détermine à son tour quelles sont les autorités nationales responsables et quelle législation nationale s'applique lorsqu'un adulte ayant besoin de protection se trouve dans un autre pays.
Dans le cadre du déménagement d'un adulte en vertu de la nouvelle réglementation, le lieu de résidence sera déterminé par une décision de justice indiquant le lieu de résidence de la personne concernée. En outre, elle prévoit des dispositions pour les cas où un adulte incapable d'exprimer sa volonté doit être placé dans un établissement de soins.
En outre, le Conseil préconise qu'une autorité compétente d'un autre État membre puisse être désignée pour représenter un adulte ayant besoin de protection si cela est autorisé par le droit national de ce pays; toutefois, cela nécessiterait le consentement de l'État membre concerné. Le texte de compromis évite de créer de nouvelles obligations pour les États membres dont la législation ne prévoit pas qu'une autorité publique agisse en tant que représentant d'un adulte.
L'ESPAGNE VOIT UN MANQUE D'AMBITION
Au nom de l'Espagne, le ministre de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortès, Félix Bolaños, a défendu lors de la réunion que, bien qu'il partage l'objectif de faciliter les relations transfrontalières pour les personnes handicapées, il comprend que la proposition n'est pas assez ambitieuse.
La justice a indiqué dans un communiqué que l'Espagne s'était opposée au projet de règlement sur la protection des adultes, comme elle l'avait fait en juin dernier.
Bolaños a rappelé que l'Espagne dispose d'un modèle de mesures de soutien basé sur le respect de la volonté et de l'autonomie des personnes handicapées.
À cet égard, il a souligné la modification approuvée de l'article 49 de la Constitution espagnole, qui inclut le terme de personnes handicapées, ainsi que la loi de 2021 qui élargit leurs droits à des mesures de soutien tout en respectant leur autonomie.
Et il a exhorté ses homologues européens à avancer dans cette direction vers un instrument plus flexible avec une vision à long terme, comme l'indique la Justice.