Près de la moitié des lois approuvées par les Cortes en 2024 ont leur origine dans la législation communautaire
MADRID, 14 janvier (EUROPA PRESS) –
L'Espagne a commencé l'année avec plus de 80 directives européennes en attente de transposition et a déjà accumulé un total de 90 dossiers ouverts, se positionnant ainsi comme le pays de l'Union européenne (UE) avec le plus de non-conformité dans l'application de la législation communautaire.
C'est ce qu'affirme le dernier rapport préparé par le Bureau du Parlement européen en Espagne dans le but d'analyser la manière dont la législation européenne est transférée dans notre pays et qui a été présenté aux médias ce mardi au Congrès des députés.
Concrètement, en décembre 2024, l'Espagne comptait au total 87 directives européennes en attente de transposition, dont 29 ont déjà respecté le délai d'application et l'une d'elles est sur le point de le faire. Pour la plupart des 57 autres, le délai est fixé à 2026.
L’essentiel des réglementations non encore intégrées dans les législations nationales portent sur des questions liées à la transition écologique (16), à l’économie (15), au travail et à l’immigration (une douzaine) et à la santé (sept boucles d’oreilles).
SANCTIONS ÉCONOMIQUES POUR L'ESPAGNE
La non-application de ces transpositions entraîne normalement l'ouverture d'un dossier par la Commission européenne, où l'Espagne arrive en tête avec un total de 90 infractions ouvertes, suivie de la Pologne avec 88, de la Grèce avec 81 et de la Bulgarie avec 79.
Cette ouverture de dossier peut survenir soit pour non-application de la transposition, soit pour non-respect correct de ce qui est établi par l'Europe et entraîne généralement des sanctions économiques.
Si l'on analyse toutes les lois qui ont été approuvées au cours de l'année 2024 dans les Cortes Generales, un total de 24, 46% avaient une origine européenne puisqu'elles découlent de directives ou de règlements fixés par l'UE.
IMPÔT SUR LES ENTREPRISES MULTINATIONALES
Certaines de ces lois ont été, par exemple, la réforme de la loi sur l'échange d'informations sur le casier judiciaire et l'examen des décisions judiciaires pénales dans l'Union européenne, pour permettre aux prisonniers, y compris ceux de l'ETA, de commuer les peines qu'ils ont purgées dans à l'étranger, ou encore l'impôt sur les multinationales de la réforme fiscale promue par l'exécutif de Pedro Sánchez.
Ce pourcentage d'influence européenne sur la législation est resté assez stable au cours des six dernières années, avec une moyenne de 53 %. Cependant, en 2023, année des dernières élections avec la pause législative correspondante, 72 % des lois approuvées étaient issues du niveau communautaire.
L'UE ENTRE AUSSI AU CONSEIL DES MINISTRES
Bien que l'influence européenne ne soit pas seulement perceptible dans les Cortes Generales, le gouvernement, par le biais de décrets royaux, a également la possibilité de se conformer aux demandes de l'UE d'adapter la législation nationale.
En effet, en 2024, le Conseil des ministres a approuvé au total 20 arrêtés royaux visant à transposer des directives européennes, la grande majorité d'entre elles liées à la politique agricole ou à la pêche mais aussi aux transports ou aux conditions de travail.
À toutes ces règles, il faut ajouter les 84 réglementations qui ont été approuvées par l’Europe au cours de l’année dernière et dont l’application est directe dans tous les États membres.
En effet, contrairement aux directives européennes, les réglementations approuvées par l'UE ne nécessitent pas de traitement législatif dans le pays pour leur application, à moins qu'il n'y ait conflit avec l'une des lois en vigueur au niveau national, ce qui dans ce cas le pays doit procéder à une modification de ladite règle.
Toutefois, pour l'application des directives, une loi nationale est nécessaire pour les transposer et les pays disposent normalement d'un délai de deux ans pour choisir comment adapter leur législation aux exigences européennes.