Merz propose de « partager le risque » de l'embargo sur les avoirs russes dans l'UE


Friedrich Merz et Volodimir Zelensky à Berlin

-MICHAEL KAPPELER-DPA

Les délégations ukrainienne, américaine et européenne travaillent pour se mettre d'accord sur les conditions d'un cessez-le-feu avec des « garanties de sécurité » pour Kiev

BERLIN, 15 décembre (DPA/EP) –

Le chancelier allemand Friedrich Merz a défendu lundi la nécessité pour les pays membres de l'Union européenne de partager équitablement le « risque » posé par l'embargo sur les avoirs russes que le bloc communautaire pose à l'approbation.

Merz a souligné que cette décision constitue « une question clé » pour l'UE. « Nous devons le résoudre de manière à ce que tout le monde participe, que tous les Etats européens courent le même risque », a-t-il soutenu, car si l'initiative échoue, elle causera « des dommages importants ».

« Si nous n'y parvenons pas, la capacité d'intervention de l'Union européenne sera fortement endommagée pendant des années, voire plus », a-t-il expliqué. « Nous devons montrer au monde qu'à ce moment crucial de notre histoire, nous pouvons nous unir et agir ensemble pour défendre notre ordre politique sur le continent européen », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, depuis le siège du ministère des Affaires étrangères à Berlin.

Merz a utilisé comme argument les attaques russes contre les infrastructures civiles ukrainiennes et la nécessité de soutenir la défense du pays. « Moscou continue de mener cette guerre malgré les contacts permanents », a-t-il dénoncé.

Le président allemand estime toutefois qu'il y a de la place pour un « véritable processus de paix ». « Même si les progrès sont modestes, l'opportunité est réelle », a-t-il souligné. « Il y a une grande inertie diplomatique, peut-être la plus grande depuis le début de la guerre », a-t-il reconnu en référence aux conversations tenues depuis dimanche à Berlin entre les délégations ukrainienne, américaine et européenne.

Il a notamment souligné le travail « clé » de l'envoyé spécial du président Donald Trump, Steve Witkoff, et du gendre du dirigeant américain, Jared Kushner, pour atteindre des objectifs « partagés par les Ukrainiens, les Européens et les Américains ».

Ainsi, il a mentionné que pour parvenir à un cessez-le-feu et préserver la souveraineté de l'Ukraine, il fallait « des garanties de sécurité substantielles ». En ce sens, il considère que les propositions américaines présentées à Berlin sont « vraiment importantes ».

« Nous travaillons ensemble au cessez-le-feu : Ukrainiens, Européens et Américains. C'est ce sur quoi nous nous sommes mis d'accord hier et aujourd'hui », a-t-il souligné.