– Carlos Luján – Europa Press – Archives
MADRID, 1er septembre (EUROPA PRESS) –
L'Union des Unions d'Agriculteurs et d'Éleveurs a qualifié la Commission européenne d' »irresponsable » pour avoir favorisé l'application provisoire de l'accord commercial UE-Mercosur alors que des doutes persistaient sur les garanties de respect par le Brésil de certaines normes européennes et pour avoir dû suspendre, à compter du 3 septembre, les importations de certains produits brésiliens, dont les produits de viande bovine et de volaille.
Concrètement, l'organisation agricole a jugé « particulièrement grave » que cette situation se produise quelques mois seulement après le début de l'application provisoire de l'accord et remet sur la table les doutes qu'elle avait déjà émis sur la réciprocité et les conditions de concurrence entre les productions européennes et celles des pays tiers, comme le rapporte un communiqué.
L'Union des syndicats a rappelé que ces soupçons concernant le respect par le Brésil des normes européennes relatives aux antimicrobiens ne sont pas nouveaux et considère qu'il est « particulièrement préoccupant » que l'application provisoire de l'accord UE-Mercosur ait été lancée le 1er mai alors que les questions pertinentes liées aux garanties de respect des normes communautaires étaient toujours en suspens.
La Commission européenne a désormais reconnu que le Brésil n'avait pas fourni de garanties suffisantes et maintient un audit dans le pays, alors que pour certains produits, les garanties nécessaires n'ont pas encore été fournies.
« Qui va être responsable des dommages sanitaires qui ont pu être causés jusqu'à présent s'il est démontré que ces produits ne répondaient pas aux normes européennes ? Ce qui est sur la table aujourd'hui flottait déjà dans l'air avant le 1er mai et, malgré tout, il a été décidé de procéder à l'application provisoire de l'accord », ont-ils déclaré.
L'organisation agricole a rappelé qu'elle avait déjà publiquement alerté sur la gravité de cette situation avant l'entrée en application provisoire de l'accord et avait exigé qu'aucun progrès ne soit réalisé sans avoir au préalable des garanties suffisantes et sans disposer de mécanismes efficaces pour assurer une véritable réciprocité.
CHUTE ENTRE 10% ET 13% DANS LE BOEUF
L'Union de Uniones a ainsi souligné que les effets de l'accord se répercutent déjà sur le marché de la viande bovine. Ainsi, dans certaines enchères nationales, des baisses comprises entre 10 et 13 % sont enregistrées par rapport aux niveaux antérieurs à l'entrée en vigueur provisoire, dans un contexte où certains opérateurs des maillons supérieurs de la chaîne utiliseraient la nouvelle situation commerciale comme argument pour faire pression pour tenter de réduire les prix perçus par les producteurs.
Dans ce contexte, l'organisation agricole a exigé que la Commission procède à un « suivi exhaustif » des effets de l'accord sur les marchés agricoles européens et que des mécanismes de sauvegarde soient activés rapidement lorsqu'il existe un risque de préjudice pour les producteurs.
Ainsi, l'Union des syndicats prévoit de se rendre à Bruxelles la semaine prochaine avec un agenda de réunions au cours desquelles elle abordera également ces questions et fera comprendre aux institutions européennes l'importance de disposer d'études d'impact préalables, de mécanismes de contrôle efficaces et de réelles garanties de réciprocité.