L’UE se conforme à la dernière étape visant à limiter les distorsions du marché par des investisseurs tiers tels que la Chine

BRUXELLES, le 28 nov. (EUROPA PRESS) –

L’Union européenne a accompli ce lundi la dernière procédure pour appliquer de nouvelles règles permettant à Bruxelles d’enquêter sur les subventions d’investisseurs étrangers qui pourraient mettre en péril la libre concurrence au sein du marché intérieur, notamment dans le cadre de grandes fusions ou d’appels d’offres publics ; une mesure destinée avant tout à stopper l’entrée de la Chine dans des secteurs stratégiques de l’UE.

Avec l’approbation des 27 du nouveau règlement déjà validé par le Parlement européen, la Commission européenne obtient le pouvoir d’ouvrir des enquêtes sur les subventions accordées par des autorités publiques non européennes à des entreprises actives dans l’UE, dans le but de combler le vide juridique qui a été créé parce qu’il ne pouvait appliquer le même contrôle des investissements européens à ceux réalisés par des tiers.

« L’UE est la plus grande économie du monde. Les nouvelles mesures permettront à l’UE d’enquêter et de prévenir les pratiques déloyales soutenues par des pays qui ne sont pas membres de l’Union, lui permettant de garantir une concurrence loyale et des conditions équitables pour toutes les entreprises « , a a raisonné le ministre de l’Industrie et du Commerce de la République tchèque, Josef Síkela, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE ce semestre.

Les principales nouveautés du nouveau règlement concernent la création de deux instruments de notification préalable pour les fusions à grande échelle et pour les offres dans les procédures d’enquête publique concernées.

Un outil général d’étude de marché sera également créé pour étudier les situations de marché restantes, ainsi que les fusions et les procédures de passation de marchés publics de moindre valeur.

Ainsi, les entreprises doivent notifier aux services communautaires les fusions et acquisitions lorsque l’une des parties concernées réalise un chiffre d’affaires dans l’UE d’au moins 500 millions d’euros et qu’il existe un apport financier étranger d’au moins 50 millions d’euros.

Dans le cas des offres dans les procédures de marchés publics, le seuil des marchés publics est fixé à au moins 250 millions d’euros. Si une entreprise ne respecte pas les règles de notification, la Commission peut imposer des amendes et réexaminer l’opération comme si elle avait été notifiée.

En outre, sauf exceptions spécifiques, la Commission sera habilitée à enquêter sur les subventions étrangères accordées jusqu’à cinq ans avant l’entrée en vigueur du règlement lorsque lesdites subventions faussent le marché intérieur après l’entrée en vigueur du nouveau règlement.

Ainsi, comme c’est déjà le cas avec les règles sur les aides d’État au sein de l’UE, si Bruxelles détermine l’existence d’une subvention étrangère et qu’elle fausse la concurrence, elle procédera à un test pour évaluer les effets positifs et négatifs d’une subvention étrangère.

Si les effets négatifs l’emportent sur les effets positifs, la Commission sera habilitée à imposer des mesures correctives, tant structurelles que non structurelles, et le remboursement de la subvention étrangère, ou à accepter des engagements des entreprises concernées afin de corriger la distorsion causée par la subvention étrangère.