BRUXELLES, 20 novembre (EUROPA PRESS) –
L'Union européenne a sanctionné ce jeudi le « numéro deux » des paramilitaires Forces de soutien rapide (RSF) après la prise par ses forces de la ville d'El Fasher, au Darfour Sud, considérée par le bloc comme un « chapitre sanglant » du conflit au Soudan.
Le bloc européen a imposé des sanctions contre Abdul Rahim Dagalo, numéro deux des RSF – et frère aîné du leader du groupe, Mohamed Hamdan Dagalo, alias « Hemedti » – qui ont plongé le pays dans le conflit depuis son soulèvement d'avril 2023 contre l'armée soudanaise. « Cela envoie un signal au monde », a défendu la haute représentante de l'UE pour la politique étrangère, Kaja Kallas, lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères des 27.
« La prise d'El Fasher par les forces de RSF a ouvert un nouveau chapitre sanglant de cette guerre. Il y a des milliers de morts et de grandes souffrances », a-t-il assuré, soulignant que les sanctions reflètent la volonté du bloc européen de « persécuter les responsables » des atrocités signalées au Soudan.
De même, le chef de la diplomatie européenne a indiqué que les ministres européens ont appelé les parties à reprendre les négociations de cessez-le-feu, compte tenu de la grave crise humanitaire et des personnes déplacées à laquelle est confronté le Soudan.
Dans une déclaration commune à l'issue de la réunion, les 27 se disent prêts à « imposer toute mesure restrictive supplémentaire » contre les acteurs responsables de la déstabilisation du Soudan et de l'entrave à sa transition politique.
Les États membres de l'UE défendent leur engagement à « garantir la responsabilité » et soulignent qu'ils renforceront leur soutien à la documentation et aux enquêtes sur les violations afin de briser le « cycle de l'impunité » qui, selon eux, « continue de générer de nouvelles atrocités ».
« L'UE soutient le rôle fondamental joué par les mécanismes de responsabilisation, notamment la Cour pénale internationale (CPI) et la Mission internationale indépendante d'établissement des faits des Nations Unies, ainsi que leurs enquêtes sur les crimes commis par les RSF, l'armée soudanaise et leurs partenaires », indique la déclaration commune proclamant que « la culture de l'impunité au Soudan doit cesser ». « Les responsables doivent rendre des comptes », souligne-t-il.
Le bloc désigne toutes les parties comme responsables de la fin du conflit et cible également ceux qui « apportent un soutien direct ou indirect » aux parties. « Nous exhortons tous les acteurs extérieurs à prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à la vente ou à la fourniture d'armes et de matériel connexe à toutes les parties », exigent les États membres, rappelant l'embargo sur les armes établi par les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU.