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BRUXELLES, 4 septembre (EUROPA PRESS) –
L'Union européenne a exprimé vendredi sa préoccupation face aux longues peines de prison confirmées contre 40 opposants, militants, défenseurs des droits de l'homme et journalistes en Tunisie, et s'est demandé si les garanties d'un procès équitable ont été pleinement respectées, après que la justice de ce pays a rejeté un appel des accusés.
Dans un communiqué, le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) a ainsi réagi aux verdicts confirmés jeudi par la Cour de cassation tunisienne dans le procès dit du « complot contre la sûreté de l'Etat », qui touche des dizaines de personnalités politiques et membres de la société civile, dont des citoyens de l'Union européenne.
Parmi eux figurent six personnalités politiques de l'opposition (Jaouhar Ben Mbarek, Jayam Turki, Isam Chebbi, Ghazi Chaouachi, Ridha Belhaj et Abdelhamid Jelassi) qui, selon l'ONG Amnesty International, « sont arbitrairement détenues depuis le début de l'enquête en février 2023 », et risquent désormais des peines comprises entre 13 et 66 ans de prison.
« Certaines questions demeurent quant au plein respect des garanties liées à un procès équitable », a prévenu la diplomatie européenne dans un communiqué, qui a réitéré aux autorités tunisiennes l'importance de garantir les droits de l'homme et les libertés fondamentales, dont la liberté d'expression, ainsi que le droit à un procès avec toutes les garanties.
Le bloc communautaire a également regretté que les contacts entretenus avec des diplomates accrédités en Tunisie, notamment des représentants européens, aient servi de « motif d'accusation ou d'élément d'accusation » à l'encontre de certains des prévenus.
Dans ce contexte, il a exhorté les autorités tunisiennes à « rétablir les conditions nécessaires » pour que le pluralisme et les voix indépendantes puissent contribuer au développement du pays, après la dégradation démocratique dénoncée ces dernières années par l'opposition et les organisations de défense des droits de l'Homme.
« L'Union européenne réaffirme son attachement à son partenariat avec la Tunisie et continuera à soutenir son peuple dans ses efforts visant à consolider les institutions démocratiques et à promouvoir les droits de l'homme. Nous appelons les autorités tunisiennes à rétablir les conditions nécessaires pour que le pluralisme et les voix indépendantes puissent contribuer au développement du pays », conclut la lettre.
Les prévenus ont été reconnus coupables en avril 2025 après avoir été accusés de complot contre la sécurité intérieure et extérieure de l'État, de liens avec des groupes terroristes, d'atteinte à l'intégrité de l'État et d'incitation à la violence, entre autres crimes.
L'affaire découle de la décision du président tunisien, Kais Saied, d'assumer les pouvoirs du Parlement en 2021, dominé par le groupe islamique Ennahda, qu'il a ensuite dissous, dans ce que l'opposition a qualifié d'auto-coup d'État. Noureddine Bhiri, Sahbi Atig et Said Ferjani sont trois condamnés qui appartiennent à ce groupe.