– Europa Press/Contact/Beata Zawrzel
MADRID, 28 février (EUROPA PRESS) –
La haute représentante de l'Union européenne pour la politique étrangère, Kaja Kallas, a condamné ce samedi l'escalade de la violence à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan et a exhorté les parties à résoudre leurs différends par le dialogue, tout en exigeant une désescalade « immédiate », ainsi que le respect du droit international par toutes les parties.
« Nous appelons tous les acteurs à désamorcer et à cesser immédiatement les hostilités suite à l'augmentation marquée de la violence en Afghanistan et au Pakistan, y compris les attaques transfrontalières et les attaques signalées au cours des dernières 24 heures, qui pourraient avoir de graves conséquences pour la région », peut-on lire dans un communiqué officiel partagé par le Conseil européen sur les réseaux sociaux.
Depuis Bruxelles, ils se sont concentrés sur l'utilisation du territoire afghan « pour menacer ou attaquer d'autres pays » et ont appelé directement les autorités « de facto » afghanes à exiger « des mesures efficaces contre tous les groupes terroristes opérant dans ou depuis » le pays.
« Nous appelons les deux parties au dialogue », insiste la note, qui accorde une importance centrale au respect « plein » du droit humanitaire et, en particulier, à la protection des civils et des infrastructures civiles. « Toutes les précautions possibles doivent être prises pour éviter de nouveaux dommages à la population civile », a souligné la Haute Représentante.
Les hostilités ont éclaté quelques jours après que les autorités afghanes ont dénoncé au Conseil de sécurité des Nations unies certains bombardements menés par le Pakistan contre le pays et assuré que ces attaques avaient entraîné la mort de plus d'une douzaine de civils.
Islamabad a fait valoir que les frappes aériennes avaient été lancées contre des « camps et cachettes terroristes » du groupe Tehri-i-Taliban Pakistan (TTP), connu sous le nom de Taliban pakistanais, et du groupe djihadiste État islamique, dans le cadre d'une opération en réponse aux récents attentats suicides qui ont eu lieu sur le sol pakistanais.
Les autorités talibanes afghanes ont rapporté ce vendredi que les frappes aériennes lancées ce matin par l'armée pakistanaise contre leur territoire ont fait au moins 19 morts civils et 26 blessés dans les seules provinces de Khost et Paktika.
Le bilan a été fourni par le porte-parole adjoint des talibans afghans, Hamdulá Fitrat, qui a dénoncé que la majorité des victimes sont « des femmes et des enfants ». « Nous prions pour que tous les martyrs atteignent le paradis et pour le prompt rétablissement des blessés », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
De son côté, l'armée pakistanaise a porté – également ce vendredi – à 297 les talibans et « terroristes » présumés tués dans sa vague d'attentats de ces dernières heures contre l'Afghanistan, y compris la capitale, Kaboul, dans le cadre de combats à la frontière qui auraient fait au moins douze soldats tués, bien en deçà du bilan précédemment annoncé par les autorités afghanes.
Le nouveau bilan a été fourni par le ministre pakistanais de l'Information, Ataulá Tarar, qui parle de 297 morts, plus de 450 blessés, 89 points de contrôle détruits, 18 postes capturés et 135 chars et véhicules armés détruits en 29 endroits dans tout l'Afghanistan.