BRUXELLES, 18 novembre (EUROPA PRESS) –
L'Union européenne étudie une nouvelle approche dans ses relations avec la région du Sahel pour devenir plus « proactive » et reprendre le dialogue avec certains pays de la zone ouverte à la coopération, compte tenu du fiasco que la junte militaire a représenté dans des pays comme le Mali ou le Burkina Faso, dans une région marquée par des défis sécuritaires et une influence russe croissante.
Partant du fait que la situation au Sahel est « très compliquée », la diplomatie européenne s'engage dans une approche consensuelle avec les 27 pour entretenir à nouveau des contacts sélectifs avec certains pays d'une région d'importance géostratégique pour le bloc mais isolée internationalement après les coups d'État militaires vécus au Mali, au Niger, au Tchad, au Burkina Faso ou en Guinée, située juste au sud de cette région du continent africain.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de rester passifs face à ce qui se passe au Sahel », déclare un haut responsable de l'UE, qui considère « a échoué » la junte militaire qui a retiré les forces civiles internationales du pays pour finir par céder du terrain aux organisations jihadistes ou tomber dans le réseau d'influence russe.
A Bruxelles, ils soulignent que la junte militaire au Sahel n'a pas réussi à garantir la sécurité de ses propres populations, une des raisons précisément pour lesquelles les émeutes ont réussi. Cette situation ouvre la voie à la fois à la montée de l’extrémisme et à l’augmentation de l’influence russe au détriment de la sécurité de la population locale et des intérêts de l’UE dans la région.
Ainsi, les 27 sont appelés à approuver un mandat qui permet au Service communautaire pour l'action extérieure d'intensifier les relations avec certains pays de la zone, dans un exercice exploratoire basé sur l'intérêt qu'ont certains des conseils militaires de la zone à coopérer davantage avec l'UE.
La démarche consiste à maintenir des contacts avec les plus réceptifs à la coopération avec le continent européen, dans le respect de critères minimums démocratiques et sociaux. « Cela dépendra de savoir si nous constatons que les dirigeants de certains de ces pays sont plus disposés à avoir une conversation avec nous, qui, comme toujours, ne sera pas gratuite. Nous exigerons des choses de ces pays », résume le responsable communautaire.
Des pays comme le Mali illustrent la situation évoquée par le Service européen pour l’action extérieure. Après avoir renforcé ses liens avec la Russie et engagé des affrontements récurrents avec la France, la junte militaire mise en place après les coups d’État d’août 2020 et mai 2021 est harcelée par l’action des groupes djihadistes, démontrant son manque de contrôle sur le territoire.
Depuis septembre, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) a imposé un blocus à l'entrée du carburant en provenance des pays voisins, intensifiant ses attaques contre les convois de camions-citernes qui le transportent, tandis que la branche d'Al-Qaïda au Sahel a lancé des dizaines d'attaques contre diverses régions du pays, notamment au nord.