L'Espagne se joint à plus de 60 pays et à l'UE pour condamner les « attaques persistantes contre la FINUL »


Dossier – Des soldats indonésiens portent le cercueil de l'un des trois soldats indonésiens de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) décédé dans l'exercice de leurs fonctions fin mars, au cimetière des héros de Cikutra, à Bandung, en Indonésie.

– Europa Press/Contact/Dimas Rachmatsyah

MADRID, 10 avril (EUROPA PRESS) –

Plus de 60 pays, dont l'Espagne, et l'Union européenne ont condamné jeudi « les attaques persistantes contre la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), y compris les récentes attaques graves qui ont coûté la vie à trois soldats de la paix indonésiens », ainsi que ce qu'ils ont qualifié de « comportement agressif inacceptable envers le personnel et les commandants de la FINUL observés récemment ».

« Les pays qui fournissent des troupes à la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), ainsi que d'autres États membres et l'Union européenne, expriment leur profonde préoccupation face à l'escalade des tensions au Liban depuis le 2 mars 2026 et à son impact sur la sécurité des soldats de la paix », peut-on lire dans le communiqué signé, entre autres, par l'Allemagne, le Brésil, le Canada, la Chine, le Pakistan, la Turquie, le Royaume-Uni et la Russie.

En ce sens, plus de cinquante pays qui souscrivent au texte ont « fermement condamné les attaques persistantes contre la FINUL, y compris les récentes attaques graves qui ont coûté la vie à trois « casques bleus » indonésiens et blessé d'autres « casques bleus » de France, du Ghana, d'Indonésie, du Népal et de Pologne », tous également signataires. « Nous condamnons également fermement le comportement agressif inacceptable observé récemment à l'égard du personnel et des commandants de la FINUL », ont-ils ajouté.

Le texte prévient que les attaques contre les soldats de la paix « peuvent constituer des crimes de guerre » et exhorte les Nations Unies et le Conseil de sécurité à « utiliser tous les instruments à leur disposition pour renforcer la protection des soldats de la paix des Nations Unies dans un environnement de plus en plus dangereux ».

De même, les pays signataires ont exhorté les Nations Unies à « continuer à enquêter sur toutes les attaques contre les soldats de maintien de la paix de manière rapide, transparente et approfondie, et à tenir le pays fournisseur de troupes concerné informé des progrès ».

« Les responsables de ces attaques doivent rendre des comptes », ont-ils exigé après avoir réaffirmé leur « plein soutien » à la Finul et à un mandat perturbé par des attaques contre ses troupes, y compris celles qui ont fait un et deux morts au cours des jours successifs fin mars et pour lesquelles les enquêtes des Nations Unies ont pointé respectivement vers l'armée israélienne et la milice chiite libanaise Hezbollah.

Concrètement, comme l'a expliqué cette semaine lors d'une conférence de presse Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, le premier de ces trois soldats indonésiens est mort après l'impact d'un projectile de 120 mm « tiré par un char Merkava des Forces de défense israéliennes (FDI) », tandis que les deux suivants sont morts à cause de l'explosion d'un engin explosif « probablement posé par (le parti-milice chiite libanais) le Hezbollah ».

Dans ce cadre, les Etats signataires ont voulu rendre « hommage au dévouement et au service de tous les personnels de maintien de la paix des Nations Unies qui risquent leur vie pour la paix et la sécurité internationales » et ont exprimé leur « profonde gratitude à tous les pays qui fournissent des troupes ».

APPEL À LA CESSATION DES HOSTILITÉS AU LIBAN

Les plus de 60 pays qui ont signé cette déclaration aux côtés de l'Union européenne ont également exprimé leur « profonde préoccupation face à la situation humanitaire au Liban, en particulier le nombre élevé de victimes civiles, la destruction massive des infrastructures civiles et le déplacement massif de plus d'un million de personnes ».

« Nous exhortons les parties à reprendre d'urgence l'accord de cessation des hostilités de 2024 et à respecter la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité des Nations Unies », ont-ils souligné avant de lancer « un appel à la cessation des hostilités au Liban, à la réduction des tensions et au retour de toutes les parties à la table des négociations ».

Dans le même temps, ils ont également réitéré leur « ferme attachement à la souveraineté, à l'indépendance, à l'intégrité territoriale et à l'unité du Liban », embourbé dans une invasion par Israël, dont les autorités ont fait allusion à l'établissement d'une zone de sécurité jusqu'au fleuve Litani – qui sépare le sud du pays du reste du territoire national -, ainsi qu'aux projets de destruction de toutes les maisons des villages libanais proches de la frontière, sur le « modèle de Gaza », selon les mots de son ministre israélien de la Défense, Israel Katz.