– Fernando Sánchez – Europa Press
BRUXELLES, 16 juin (EUROPA PRESS) –
Le gouvernement espagnol a rejeté mardi les coupes dans la Politique Agricole Commune (PAC) et la cohésion qui sont maintenues dans la première proposition chiffrée pour le futur budget communautaire à long terme que les Vingt-Sept examinent actuellement et qui maintient, en substance, la répartition initialement proposée par la Commission européenne, avec un poids moindre pour les fonds agricoles et régionaux.
« Les coupes sont le vrai « non ». Nous ne pouvons pas parier sur un cadre financier pluriannuel avec davantage de coupes. C'est pourquoi l'Espagne défend fermement un engagement pro-européen en faveur d'un budget véritablement ambitieux. Un budget qui finance suffisamment les biens publics européens, en tenant compte de toutes les priorités », a déclaré le secrétaire d'État chargé de l'Union européenne, Fernando Sampedro, à son arrivée au Conseil Affaires générales à Luxembourg.
L'Espagne maintient une position « critique » à l'égard du soi-disant cadre de négociation, comme nous l'avons expliqué, à la fois en raison des coupes introduites « à la demande de certains États membres » et en raison des difficultés que le modèle proposé pose aux communautés autonomes dans la gestion des fonds et en raison des liens qu'il établit entre l'aide au développement et les soi-disant « solutions innovantes ».
En ce sens, bien qu'il ait considéré la sécurité, la défense et la compétitivité comme des « priorités », Sampedro a défendu que le futur budget européen doit continuer à soutenir la triple transition verte, numérique et sociale, ainsi qu'à maintenir une « défense ferme » de la politique de cohésion et de la Politique agricole commune (PAC), en plus de préserver le rôle des régions et des régions ultrapériphériques.
Les chiffres avancés la semaine dernière par la présidence tournante du Conseil, que Chypre assure jusqu'à fin juin, font l'objet d'un premier débat politique ce mardi au niveau des ministres de l'UE, avant que les chefs d'Etat et de gouvernement ne le fassent jeudi et vendredi en sommet à Bruxelles.
La discussion des dirigeants se concentrera sur les priorités et le volume du futur cadre financier pluriannuel, mais aucune décision majeure n'est attendue car les négociations se poursuivront au cours des prochains mois, en vue de conclure un accord avant la fin de l'année.
MODIFICATIONS MODÉRÉES PAR RAPPORT À LA PROPOSITION INITIALE DE BRUXELLES
De manière générale, les ajustements introduits ne modifient guère l'orientation générale du futur budget européen et, bien qu'ils augmentent légèrement les dotations prévues pour la PAC et la cohésion par rapport à la proposition initiale de Bruxelles, ils maintiennent des dotations inférieures à celles du cadre financier actuel, une des principales raisons du rejet exprimé par l'Espagne et d'autres États membres.
Concrètement, les aides directes aux agriculteurs et aux éleveurs passent des 259,231 millions d'euros initialement proposés par la Commission à 261,013 millions, tandis que les ressources allouées à la cohésion économique, sociale et territoriale augmentent de 404,877 millions à 410,080 millions.
Au total, le nouveau projet réduit d'environ 2% le volume des dépenses initialement prévues par l'Exécutif communautaire, ce qui représente un ajustement d'environ 32,8 milliards d'euros, et laisse le budget pour la période 2028-2034 à 1,73 billion d'euros aux prix constants de 2025, contre les 2 mille milliards annoncés par Bruxelles.
Un ajustement qui touche également d'autres postes majeurs du futur cadre financier, notamment le Fonds européen de compétitivité, ainsi que les programmes de recherche, de sécurité, de défense et d'action extérieure, dont les dotations sont réduites par rapport à la proposition initiale de l'exécutif communautaire.