– MINISTERE DES ETRANGERS
NEW DELHI, 21 janvier (De l'envoyé spécial d'EUROPA PRESS, Leyre Guijo) –
Le ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, a défendu ce mercredi que l'Union européenne doit faire comprendre au monde son engagement en faveur du libre-échange et qu'elle dispose également des « instruments de dissuasion » nécessaires contre « toute tentative de coercition commerciale » comme celle proposée par le président américain Donald Trump.
C'est ce qu'il a déclaré dans des déclarations à la presse à New Delhi, où il a rencontré son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, interrogé sur le sommet extraordinaire que les dirigeants européens tiendront jeudi à Bruxelles après que Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 10% à partir du 1er février aux pays européens qui avaient décidé d'envoyer des troupes pour une mission d'observation au Groenland.
« Nous devons faire comprendre au monde entier que nous croyons au libre-échange et que nous disposons des instruments de dissuasion pour nous protéger de toute coercition commerciale ou économique », a souligné le ministre, qui a cité en exemple l'accord conclu il y a quelques jours avec le Mercosur et celui que l'UE avec l'Inde devrait conclure la semaine prochaine et l'a encadré dans la nécessité de « diversifier » les partenaires commerciaux.
Selon le ministre, l'UE doit « éliminer les obstacles du marché intérieur pour qu'il puisse déployer tout son potentiel et pour que nos entreprises soient en mesure de rivaliser avec tout le monde, y compris dans le domaine numérique », tout en prenant en main sa sécurité et sa dissuasion.
En matière de sécurité, Albares a souligné, sans jamais mentionner Trump ou les États-Unis, que les Vingt-Sept doivent « faire comprendre que l'Europe est un continent de paix et que nous ne permettrons à personne de provoquer la guerre sur notre continent parce que la dissuasion est entre nos mains ».
Cela passe, a-t-il encore insisté, en « mieux intégrant nos industries de défense et en évoluant vers une armée européenne avec une étape intermédiaire qui pourrait parfaitement être une coalition de volontaires autour de la sécurité européenne ».
« Et en ces temps où l'on parle tant de réarmement, nous, Européens, devons aussi faire un réarmement moral autour de nos valeurs, car les valeurs sont ce qui donne l'essence de notre mode de vie européen », a encore défendu le ministre, dans la lignée de ce qu'il a dit ces dernières semaines.
En résumé, a conclu Albares, l'UE doit « dire au monde entier que la coercition économique, comme la coercition militaire, ne peut pas être appliquée à l'Europe parce que nous disposons des instruments pour nous protéger ».
Concernant le Groenland, il a réitéré que les Groenlandais ont déjà clairement exprimé leur volonté de continuer à faire partie du Danemark et donc de l'UE, exprimant une fois de plus la solidarité de l'Espagne et son soutien à l'intégrité territoriale et à la souveraineté du Danemark.