BRUXELLES, 20 novembre (EUROPA PRESS) –
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a défendu ce jeudi la présence de l'Union européenne au Sahel avec « tous types de missions », soulignant que le bloc européen doit être un « acteur de premier niveau » dans la zone, marquée par la menace jihadiste et l'influence russe croissante.
« Nous allons soutenir la présence de l'UE et toute mission qui sera réalisée », a indiqué le ministre espagnol dans des déclarations depuis Bruxelles sur la nouvelle approche que l'UE adoptera avec la région pour avoir à nouveau une position « proactive » dans une zone d'importance stratégique dans laquelle elle déployait à l'époque une série de missions militaires et civiles.
L'intention des 27 est de renouer le dialogue avec les pays de la zone ouverts à la coopération, compte tenu du fiasco que la junte militaire a provoqué dans des pays comme le Mali, le Niger ou le Burkina Faso, selon l'UE.
Albares a ainsi défendu que l'UE « continue à être un acteur de premier niveau » et est présente « avec tous types de missions » qui s'adaptent à la réalité de chaque pays. Selon lui, la situation sécuritaire ou le type de gouvernement de chaque pays du Sahel déterminera la relation avec l’UE.
Le diagnostic de la diplomatie européenne est que les conseils militaires n'ont pas tenu leurs promesses d'accroître la sécurité et que l'expulsion des forces civiles internationales les a amenés à céder du terrain aux organisations djihadistes ou à tomber dans le réseau d'influence russe.
À son arrivée à la réunion à Bruxelles, la haute représentante de l'UE, Kaja Kallas, a défendu la nouvelle stratégie européenne, dirigée par le représentant spécial de l'UE, Joao Cravinho. « Nous avons besoin d'un mandat pour continuer dans cette voie, sur la manière dont nous collaborons avec les pays du Sahel », a-t-il ajouté.
De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a insisté sur le fait que la Russie « n'a pas respecté les engagements pris auprès des autorités des pays du Sahel » face à l'avancée des groupes terroristes. Il a ainsi donné l'exemple du Mali, où les rebelles jihadistes « encerclent » la capitale et maintiennent un « blocus énergétique ».
La diplomatie européenne s'engage dans une approche consensuelle avec les 27 pour entretenir à nouveau des contacts sélectifs avec les pays du Sahel plus disposés à coopérer. Tout cela en partant du principe que ces pays respectent des critères démocratiques et sociaux minimaux. « Comme toujours, ce ne sera pas gratuit. Nous exigerons certaines choses de ces pays », ont déclaré des sources européennes à propos de ces projets.