– ALEXANDROS MICHAILIDIS
BRUXELLES, 10 juillet (EUROPA PRESS) –
Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne exploreront une série d'options proposées par la Commission européenne pour limiter ou bloquer le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie, avec l'idée qu'ils définiront laquelle d'entre elles est la plus soutenue et que l'Exécutif communautaire travaillera ensuite à présenter une proposition ferme avec une base juridique.
Concrètement, le débat de lundi portera sur un « non-paper » ou document d'options, un outil qui sert à recevoir un signal politique des États membres avant d'élaborer un cadre juridique définitif, selon des sources européennes, qui ont évité de commenter les critiques selon lesquelles la Commission utilise ce format pour éviter, pour l'instant, de définir une base juridique spécifique.
Cette dernière mesure reçoit l'impulsion déterminée de pays comme l'Espagne, l'Irlande, la France et la Suède, tandis que l'Allemagne et la République tchèque sont en tête du bloc du rejet, tandis que d'autres pays comme l'Italie maintiennent une position neutre, même si elle s'est récemment exprimée en faveur de sanctions contre le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, pour le « kidnapping » et « l'humiliation » des militants de la dernière flottille humanitaire à Gaza.
Les sanctions commerciales contre Israël sont un problème qui dure depuis l'année dernière, lorsqu'en septembre la Commission a proposé la suspension partielle de l'accord d'association, mais jusqu'à présent, elle n'a pas obtenu le soutien nécessaire – une majorité qualifiée – pour aller de l'avant.
Face à cette situation, un groupe d'États a exigé du chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, des mesures de veto au commerce avec les colonies illégales qu'Israël maintient en Cisjordanie, une mesure également commerciale mais qui serait plus facile à approuver, car elle n'entraînerait pas la suspension partielle à laquelle s'oppose un groupe de pays, et elle n'exigerait pas l'unanimité qu'exigent les politiques étrangères.
En marge de la réunion ministérielle, Bruxelles accueillera ce lundi la deuxième réunion du Groupe des donateurs pour la Palestine (PDG), coprésidé par l'Union européenne et l'Autorité palestinienne.
UKRAINE, MOLDAVIE ET IRAN
Ce Conseil des Affaires étrangères (CAE) débutera tôt dans la matinée par un petit-déjeuner informel consacré aux aspects humanitaires de la guerre en Ukraine, auquel participera le ministre des Affaires étrangères de l'Ukraine, Andri Sibiga, avec qui sera spécifiquement discutée la situation des détenus civils et des prisonniers de guerre dans les territoires occupés par la Russie.
Déjà en séance formelle – sans le ministre ukrainien – les Vingt-Sept débattront de la manière de renforcer le secteur énergétique ukrainien pour l'hiver prochain, du 21e paquet de sanctions européennes contre Moscou – qui ne devrait pas être approuvé ce lundi – ainsi que de l'utilisation du Fonds européen de soutien à la paix (FEP) pour l'envoi de matériel militaire en Ukraine.
Par la suite, les ministres des Affaires étrangères aborderont la situation en mer Noire, un an seulement après le lancement de la stratégie européenne pour cette région. La discussion portera sur la mise en place d'un centre de sécurité maritime pour améliorer la surveillance et la protection des infrastructures critiques en mer.
L'approbation d'une aide financière à la Moldavie pour renforcer sa capacité de défense anti-aérienne, une mission européenne pour remplacer le retrait imminent de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) ou une réunion avec les pays du Golfe pour discuter de la libre navigation dans le détroit d'Ormuz après la fin du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran seront d'autres sujets d'actualité.