Les syndicats européens réclament une loi européenne sur le télétravail après que Bruxelles ait demandé de travailler davantage à domicile pour économiser l'énergie


Dossier – Personne en télétravail.

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BRUXELLES, 1er avril (EUROPA PRESS) –

La Confédération européenne des syndicats (CES) a exhorté mercredi la Commission européenne à accélérer la mise en place d'un cadre réglementaire européen sur le télétravail pour empêcher les travailleurs d'assumer des coûts ou de perdre des droits, après que Bruxelles a recommandé, entre autres mesures, la promotion de cette modalité comme mesure d'économie d'énergie.

L'organisation syndicale considère que cette suggestion, évoquée dans le cadre d'initiatives visant à contenir la demande énergétique, peut contribuer à des économies, mais prévient qu'elle ne doit pas se faire « au détriment des droits des travailleurs » ni leur répercuter les coûts liés au télétravail, dans un contexte de hausse des prix de l'électricité.

En ce sens, il appelle l'Exécutif communautaire à conclure « d'urgence » la législation sur le télétravail, après avoir lancé une deuxième phase de consultation l'été dernier, et à inclure des garanties comme le respect effectif du droit à la déconnexion en dehors des heures de travail.

De même, il préconise que les employeurs assument toutes les dépenses liées au travail à distance, y compris l'équipement, la connexion ou la consommation d'énergie, et qu'il soit garanti que les travailleurs conservent les mêmes droits que ceux qui exercent leur activité en personne, dans des domaines tels que le salaire, la formation ou la santé au travail.

Les syndicats mettent également en garde contre les risques liés à un recours intensif à ce type de travail sans cadre clair, citant des études de la Commission elle-même qui soulignent une augmentation de la charge de travail, une disponibilité en dehors des horaires et des conflits entre vie professionnelle et vie personnelle.

Selon les données recueillies par l'organisation, ceux qui travaillent habituellement à domicile sont jusqu'à quatre fois plus susceptibles de le faire pendant leur temps libre, une situation qui – préviennent-ils – affecte davantage les femmes.

La CES souligne que le télétravail ne doit pas renforcer les inégalités, telles que des charges de soins non rémunérées, ni conduire à des pratiques de contrôle excessives de la part des entreprises, et exige que tout système de contrôle soit limité à des objectifs légaux et proportionnés, dans le respect des réglementations sur la protection des données et des conventions collectives.

En parallèle, le groupe syndical demande à l'UE de compléter ces mesures par des politiques plus larges visant à protéger le pouvoir d'achat et l'emploi, comme le contrôle des prix de l'énergie, l'utilisation d'outils de gestion de crise ou des investissements dans l'efficacité énergétique.

La réaction des syndicats intervient après que la Commission européenne a exhorté les États membres à réduire la demande d'énergie, notamment en prenant des mesures telles que la promotion du télétravail, en raison de la forte volatilité des marchés de l'énergie résultant du conflit au Moyen-Orient.