– Carlos Castro – Europa Press – Archives
MADRID, 11 mars (EUROPA PRESS) –
Le Conseil consultatif scientifique européen sur le changement climatique a averti que le système agroalimentaire de l'Union européenne (UE) est de plus en plus « exposé » à des risques climatiques croissants et que les politiques actuelles ne sont pas « suffisantes » pour réaliser la transformation « nécessaire » du système. C’est pour cette raison qu’il a lancé des recommandations telles que l’élimination progressive des paiements de la Politique agricole commune (PAC) qui encouragent des pratiques à plus forte intensité de gaz à effet de serre (GES).
C'est l'un des conseils inclus dans « Adaptation et atténuation du changement climatique dans le système agroalimentaire : recommandations pour des politiques européennes cohérentes », le rapport que le Conseil a publié ce mercredi. Celles-ci se concentrent sur les prochaines révisions du budget de l'UE, de la PAC et du cadre climatique 2031-2040, qui, selon l'agence, représentent une opportunité « cruciale » pour réaligner la politique agricole sur les objectifs climatiques, notamment en augmentant la résilience climatique du secteur.
Dans le texte, il conclut que les progrès actuels ne sont pas conformes aux objectifs climatiques de l'UE pour 2040 et 2050 et ne suivent pas non plus l'aggravation des risques climatiques. De même, il souligne que les politiques actuelles ne sont pas « suffisantes » pour réaliser la transformation nécessaire et faire face aux risques liés au climat pour les agriculteurs et la sécurité alimentaire.
Il recommande donc d’explorer des mécanismes alternatifs de soutien aux revenus qui soient « cohérents » avec les objectifs climatiques. De même, il préconise d'introduire un mécanisme de tarification des GES spécifique au système agroalimentaire et d'appliquer le principe du « pollueur-payeur » de manière « progressive et adaptative ». Dans le même temps, il insiste sur la réinjection de revenus dans le secteur pour soutenir les agriculteurs et récompenser l’absorption du carbone.
Parmi ses indications, le Conseil appelle également à garantir un financement public « adéquat et en temps opportun » pour financer la transition. Dans le même temps, il met en évidence la possibilité de renforcer les outils qui aident les agriculteurs à faire face aux inévitables impacts climatiques. En ce sens, il encourage à fournir un soutien ciblé à la transition pour aider ces professionnels à surmonter les obstacles financiers et liés aux connaissances. En outre, il nous invite à promouvoir une alimentation saine et respectueuse du climat et à réduire le gaspillage alimentaire.
Enfin, le Conseil consultatif souligne que la transition doit être « progressive et équitable », avec un soutien ciblé aux agriculteurs et aux régions qui sont confrontés aux plus grands défis pour réaliser les changements. Le président du Conseil consultatif, le professeur Ottmar Edenhofer, a rappelé que des réductions significatives des émissions dans l'ensemble de l'économie sont nécessaires pour atteindre de manière rentable les objectifs climatiques de l'UE pour 2040 et 2050.
« Même si l'agriculture a fait des progrès, l'ampleur et le rythme des réductions ne sont toujours pas suffisants. Le secteur devra intensifier ses actions dans les années à venir, à la fois pour contribuer à la neutralité climatique et pour protéger les moyens de subsistance des agriculteurs, soutenir les communautés rurales et garantir l'approvisionnement alimentaire de l'Europe alors que le climat continue de changer », a-t-il indiqué.