Les ministres européens de l’énergie se réunissent à Bruxelles avec les prix de l’énergie au centre du débat


Archive – Siège du Conseil européen, 23 octobre 2025, à Bruxelles (Belgique).

– Ana López García – Europa Press – Archives

BRUXELLES, 13 mars (EUROPA PRESS) –

Les ministres de l'Energie de l'Union européenne se réuniront lundi prochain à Bruxelles avec les prix de l'énergie à nouveau au centre du débat communautaire, dans un contexte de tensions sur les marchés internationaux et pendant que les institutions européennes étudient d'éventuelles mesures pour alléger la facture énergétique.

La réunion aura lieu à l'approche du sommet des dirigeants de l'UE les 19 et 20 mars, au cours duquel les chefs d'État et de gouvernement aborderont les conséquences géopolitiques et économiques de l'escalade militaire au Moyen-Orient, notamment son impact sur les prix de l'énergie et la sécurité de l'approvisionnement du bloc.

Dans ce cadre, la Commission européenne prépare « plusieurs options » qu'elle présentera aux États membres pour analyser s'il est nécessaire d'aller vers une nouvelle réforme de la conception du marché de l'électricité – révisée en 2024 – ou si le modèle actuel est toujours valable, compte tenu de la récente augmentation des coûts de l'énergie.

« En général, la conception actuelle du marché a produit des résultats et le système actuel bénéficie d'un large soutien. Cependant, il est crucial que nous réduisions l'impact sur les coûts lorsque le gaz fixe le prix de l'électricité », a déclaré mardi la présidente de l'exécutif communautaire, Ursula von der Leyen, dans son discours devant les députés européens à Strasbourg (France).

SOULAGER LA FACTURE ÉNERGÉTIQUE DES EUROPÉENS

Le président allemand a également mis en garde contre « l'impact » des tensions géopolitiques sur les marchés de l'énergie et a rappelé que tant que l'UE continuera à importer des combustibles fossiles de régions instables, le bloc restera « dépendant et vulnérable ».

Parmi les pistes étudiées figurent un recours accru aux accords d'achat d'électricité en commun et aux contrats à long terme, ainsi que d'éventuelles mesures visant à contenir l'impact du gaz sur les prix de l'électricité, y compris la possibilité de subventionner ou de plafonner son prix.

Selon lui, l'objectif est « d'offrir un soulagement dès maintenant » avec des solutions qui permettent de réduire les factures, comme l'amélioration de l'efficacité des réseaux électriques pour éviter le gaspillage des énergies renouvelables et la révision du poids des taxes et redevances nationales, un domaine dans lequel, rappelons-le, il existe une « marge de manœuvre », étant donné que les taxes varient considérablement entre les États.

Par ailleurs, les ministres de l'Énergie profiteront de la réunion de lundi pour faire le point sur les progrès du plan d'action pour une énergie abordable présenté par la Commission il y a environ un an, dans le but d'évaluer les mesures adoptées jusqu'à présent et de recueillir la position des États membres sur d'éventuelles mesures supplémentaires.

Des sources diplomatiques soulignent, en tout cas, que la réunion aura un caractère principalement indicatif et que l'objectif sera avant tout d'échanger des points de vue entre capitales et de préparer le terrain pour la discussion que les dirigeants tiendront à la fin de la semaine, en attendant les propositions de l'Exécutif communautaire.

Outre le débat sur les prix, les ministres procéderont à un échange de vues sur le paquet réseau européen présenté en décembre, qui comprend des projets prioritaires visant à renforcer les interconnexions énergétiques dans l'UE, y compris de nouvelles connexions via l'Espagne visant à améliorer l'intégration de la péninsule ibérique avec le reste du système européen.

DÉBAT SUR LE SYSTÈME D’ÉCHANGE D’ÉMISSIONS

En parallèle, la hausse des prix de l’énergie a également relancé le débat à Bruxelles sur l’impact d’autres politiques communautaires sur les coûts de l’énergie, en particulier le système européen d’échange de quotas d’émission (ETS), qui divise les États membres entre ceux qui le considèrent comme un outil clé pour promouvoir la décarbonation et ceux qui mettent en garde contre son possible impact sur les prix et la compétitivité industrielle.

Alors que l'Espagne et d'autres pays comme la Suède, le Danemark et le Portugal défendent le maintien de ce mécanisme, qu'ils décrivent comme « la pierre angulaire de la stratégie climatique et industrielle européenne » et un outil efficace pour réduire les émissions et orienter les investissements vers les technologies propres, l'Italie est particulièrement critique à l'égard de son fonctionnement et l'Allemagne préconise d'étudier d'éventuels ajustements.

Même si le sommet formel de la semaine prochaine ne devrait pas adopter de décisions concrètes, on espère que les dirigeants aborderont ces divergences entre les capitales et tenteront de fixer des orientations politiques pour les prochaines étapes en matière énergétique, dans le but d'orienter le travail de la Commission et de marquer les lignes d'action du bloc dans le contexte actuel de volatilité des marchés.