Les bus électriques représenteront 36 % des ventes de bus urbains dans l'UE en 2023, selon T&E

L'Espagne se situe juste au-dessus de la moyenne de l'UE, avec une participation de 40 % aux bus zéro émission.

Les bus électriques à batterie représenteront 36 % des ventes de nouveaux bus urbains en 2023 dans l'Union européenne, dépassant pour la première fois le diesel comme principal type de carburant pour bus, selon une analyse réalisée par la Fédération européenne des transports et de l'environnement (Fédération européenne des transports et de l'environnement). T&E) publié ce mercredi.

L'organisation ajoute qu'à ce rythme de croissance, 100 % des nouveaux bus urbains dans l'UE pourraient être à zéro émission (ZE) d'ici 2027.

T&E affirme que ces chiffres montrent que la réglementation européenne « est en retard sur les réalités du marché », car les normes CO2 récemment adoptées pour les véhicules lourds (HDV) exigent que 90 % des nouveaux bus urbains soient ZE d'ici 2030 et 100 % d'ici 2035.

La directive sur les véhicules propres (CVD), « encore moins ambitieuse », fixe des objectifs moyens d’achat de véhicules zéro émission à seulement 20 % en 2021-2025 et 30 % en 2026-2030, note l’analyse de l’organisation.

15 ÉTATS MEMBRES DÉPASSENT LA MOYENNE DE L’UE EN 2023

En revanche, au niveau national, les données montrent que 15 États membres dépassent la moyenne de l'UE en 2023, dont cinq où les bus urbains zéro émission représentent déjà plus de 90 % des nouvelles ventes. Il s'agit de la Slovénie, du Danemark, des Pays-Bas, de l'Irlande et de la Finlande.

Parmi les grands marchés, c'est-à-dire les marchés comptant au moins 1 000 nouveaux bus urbains en 2023, le Royaume-Uni occupe la première place, avec une part des ventes de bus zéro émission (ZE) de 63 % en 2023.

L'Espagne se situe juste au-dessus de la moyenne de l'UE, avec une part de bus zéro émission de 40 %. L'Italie et l'Allemagne se classent respectivement troisième et quatrième, avec des parts de bus ZE de 29 % et 26 %.

La France se classe au dernier rang des grands marchés, avec une part de bus ZE de 23 %. 46 % des nouveaux bus urbains en France en 2023 sont des bus à gaz, une proportion juste derrière l'Estonie.

De plus, l'Estonie est le dernier pays du classement général avec une part ZE de 0 %. L'organisation affirme toutefois qu'« il faut espérer » que ce pays commence à « rattraper son retard » sur ce sujet, depuis l'arrivée des premiers bus électriques à Tallinn il y a quelques mois.

HUIT VILLES PRÉVOIVENT AVOIR 100 % DE FLOTTES DE BUS ZE EN 2025

T&E souligne que les villes et les opérateurs locaux sont en première ligne dans le déploiement de bus zéro émission. En ce sens, au moins huit villes prévoient de disposer d’une flotte de bus 100 % zéro émission d’ici 2025, 19 autres d’ici 2030 et 13 autres d’ici 2035.

En outre, quatorze autres villes ont également fixé des objectifs de flotte de bus inférieurs à 100 % d’ici 2035 ou avant. De même, l'entité souligne que la fixation des objectifs ne se limite pas aux capitales de l'Europe occidentale.

Des villes de 23 pays européens ont des cibles, notamment les pays baltes, la République tchèque, la Pologne et la Roumanie. En outre, dans plusieurs pays, les villes régionales ont fixé des objectifs plus élevés ou plus précoces que les capitales.

Les objectifs de flotte de bus ZE sont également populaires dans tous les pays, selon T&E. Les Pays-Bas et le Danemark ont ​​fixé des objectifs pour que tous leurs bus urbains soient zéro émission d'ici 2030.

LES CONSTRUCTEURS DOIVENT ALLER AU-DELÀ DE LA LÉGISLATION EUROPÉENNE

T&E souligne également que, alors que la demande de bus zéro émission continue de croître dans les années à venir, les constructeurs de bus joueront un rôle crucial en garantissant que les villes puissent acheter des bus durables fabriqués en Europe.

La Fédération indique que certains avancent déjà et vont au-delà de ce qu'exige la législation européenne, et donne l'exemple de Daimler Buses, qui ambitionne de vendre des bus urbains 100 % zéro émission d'ici 2030.

« Sans une ambition volontariste pour aller au-delà des objectifs fixés dans les normes CO2 pour les poids lourds, les constructeurs européens de bus risquent d'être pris de court par la hausse de la demande et l'émergence d'une concurrence étrangère », prévient l'association.

Et il ajoute comme donnée que, depuis 2017, un nouveau bus électrique à batterie sur cinq vendu en Europe est d'origine chinoise.

LES CLÉS POUR PROMOUVOIR UNE TRANSITION RÉUSSIE

Enfin, T&E indique que, jusqu’à ce que la réglementation européenne rattrape le marché des bus à zéro émission, d’autres acteurs peuvent jouer un rôle crucial dans la conduite de cette transition.

En ce sens, il énumère trois clés pour le promouvoir. Premièrement, il indique que les villes devraient se fixer des objectifs pour une flotte de bus 100 % zéro émission d’ici 2035.

« Les villes devraient cesser d'acheter davantage de bus à essence et concentrer les appels d'offres sur les bus à zéro émission. Au-delà des transports publics, les grandes villes devraient également mettre en place des zones zéro émission », explique-t-il.

Deuxièmement, il souligne que, pour approvisionner les villes en bus fabriqués en Europe et se défendre contre les concurrents étrangers, les équipementiers devraient anticiper l'augmentation de la demande et viser à vendre des bus urbains à 100 % zéro émission au plus tard en 2030.

Enfin, il indique que les gouvernements nationaux devraient envisager de nouveaux critères en matière de marchés publics pour promouvoir une production durable et fabriquée en Europe, garantissant ainsi que les politiques climatiques et industrielles vont de pair.