Les auditeurs de l’UE détectent des défaillances dans la coordination des agences antifraude


Fichier – Pièces en euros sur un drapeau européen.

– alliance photo / Uli Deck/dpa – Archive

BRUXELLES, 15 décembre (EUROPA PRESS) –

La Cour des comptes européenne (CCE) a mis en garde contre les carences des agences européennes qui luttent contre la fraude aux fonds communautaires, notamment en raison de problèmes d'échange d'informations et du manque de contrôle sur la récupération de l'argent détourné.

Les auditeurs ont analysé le fonctionnement du système antifraude européen, auquel participent le Parquet européen, l'Office européen de lutte antifraude (OLAF) et d'autres agences telles qu'Europol et Eurojust. Bien que leurs fonctions soient différentes, la Cour souligne qu'elles sont appelées à se compléter pour protéger le budget communautaire.

Le rapport confirme cependant que les échanges d'informations entre ces organisations ne sont pas suffisamment fluides, ce qui limite l'efficacité des enquêtes. Il souligne notamment les difficultés dans les relations entre le Parquet européen, chargé des enquêtes sur les infractions pénales, et l'OLAF, chargé des enquêtes administratives.

Selon les auditeurs, les procédures actuelles sont complexes et peuvent générer des duplications, puisqu'un même cas peut être notifié à plusieurs organisations sans coordination claire. Cela peut entraîner des retards et également le risque que certaines plaintes ne parviennent pas au Parquet européen pour évaluer l'existence d'un délit.

Entre 2022 et 2024, le Parquet européen et l'OLAF ont reçu près de 27 000 signalements de fraude, dont seulement un tiers environ ont donné lieu à une enquête. Durant cette période, des enquêtes ont permis de réclamer et d'obtenir des sommes d'argent importantes, mais avec des résultats inégaux.

La Cour prévient également que la Commission européenne ne dispose pas d'un système efficace pour savoir si l'argent dont la récupération après enquête est ordonnée finit par être restituée au budget de l'UE, c'est pourquoi elle considère que son contrôle dans cette affaire est insuffisant.

Face à cette situation, les auditeurs demandent de profiter de la révision en cours du système antifraude européen pour améliorer la coordination entre les agences, simplifier le traitement des plaintes et renforcer le contrôle sur le recouvrement des fonds communautaires.