BRUXELLES, 9 janvier (EUROPA PRESS) –
La Cour des comptes de l'UE a averti jeudi que des plaintes persistent en Espagne concernant des cas de discrimination basée sur l'IBAN, c'est-à-dire lorsqu'une personne ne peut pas effectuer ou recevoir un virement SEPA ou n'a pas pu payer par prélèvement SEPA depuis son pays. compte bancaire situé dans un autre État membre.
Selon un nouveau rapport des auditeurs sur les paiements numériques dans l'UE, l'Espagne représente 21 % du total des cas de discrimination IBAN, juste derrière la France, qui représente 31 %.
Entre février 2021 et septembre 2023, les utilisateurs ont signalé près de 3 500 cas de discrimination présumée basée sur l'IBAN via la plateforme « Accept My IBAN », une initiative du secteur privé qui transmet les plaintes aux autorités nationales compétentes.
Le règlement SEPA, en vigueur depuis 2014, interdit toute discrimination fondée sur la localisation géographique d'un compte de paiement, telle que reflétée par son numéro de compte bancaire international (IBAN). Pour les payeurs, cela signifie en pratique que, dans l'espace SEPA, ils doivent être libres d'effectuer des paiements en euros depuis n'importe quel compte de paiement, quelle que soit leur localisation.
Lors d'une révision du règlement en 2017, la Commission a reconnu que la discrimination fondée sur l'IBAN restait un problème et s'est engagée à prendre des mesures contre ce problème, même si cela n'a pas suffi à résoudre le problème.
En outre, Bruxelles a déjà rendu une décision d'infraction contre l'Espagne concernant une législation qui empêchait les particuliers de payer des impôts à partir d'un compte dans un autre État membre de l'UE.
Toutefois, les auditeurs soulignent que la Commission, malgré ses efforts croissants pour éradiquer la discrimination fondée sur la localisation des comptes de paiement, n'a toujours pas réussi à garantir que les paiements ne soient pas refusés en raison d'un numéro de compte étranger.
À cet égard, ils estiment également que les lacunes réglementaires en matière de respect et de coopération entre les autorités nationales affectent négativement l'efficacité des mesures visant à lutter contre ce problème.
PAIEMENTS NUMÉRIQUES
D’un autre côté, la Cour des comptes indique que l’impact des politiques de l’UE sur les paiements numériques reste largement inconnu parce que la Commission n’a pas mis en place un système de surveillance efficace et n’a pas accès aux données pertinentes.
En outre, les auditeurs ont identifié deux problèmes majeurs dans le cadre du système bancaire ouvert de l'UE : l'obligation de fournir aux prestataires tiers un accès gratuit aux données des utilisateurs de paiement, ce qui peut décourager la fourniture de services de haute qualité par les titulaires de données de compte, et l'absence d'un standard régissant les interfaces de programmation d’applications, ce qui représente un obstacle pour les fournisseurs tiers qui utilisent ces données.