Le Parlement européen, sans l'extrême droite, condamne le « défi » américain sur le Groenland et demande un « soutien tangible » à l'UE.


Dossier – Vue de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg (France)

– Philipp von Ditfurth/dpa – Archives

BRUXELLES, 14 janvier (EUROPA PRESS) –

Le Parlement européen a condamné mercredi le « défi parfumé » au droit international lancé par les Etats-Unis avec leurs prétentions à prendre le contrôle du Groenland, et a demandé à la Commission européenne et au Conseil européen de définir un « soutien concret et tangible » à l'île arctique appartenant au Danemark.

Dans une déclaration approuvée par les principaux groupes – sans l'extrême droite – de la Conférence des présidents de la Chambre européenne, l'équivalent du Bureau du Congrès, l'institution a affiché son « soutien sans équivoque » au Groenland et au Danemark, et a défendu « le multilatéralisme et l'ordre international fondés sur des règles ».

« Le Parlement européen condamne sans équivoque les déclarations faites par l'administration Trump concernant le Groenland, qui constituent un défi flagrant au droit international, aux principes de la Charte des Nations Unies et à la souveraineté et à l'intégrité territoriale d'un allié de l'OTAN. De telles déclarations sont inacceptables et n'ont pas leur place dans les relations entre partenaires démocratiques », peut-on lire dans le texte.

La déclaration, approuvée par le PP européen, les socialistes, les verts et les libéraux de Renew, appelle également la Commission européenne d'Ursula von der Leyen et le Conseil européen dirigé par Antonio Costa, à « définir un soutien concret et tangible au Groenland et au Danemark », dans le respect « des principes et du droit de l'UE, du droit international et de la Charte de l'OTAN ».

LA SÉCURITÉ DE L'ARCTIQUE EST GARANTIE AU SEIN DE L'OTAN

Les groupes ont également averti que « toute tentative visant à porter atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale » du Danemark et du Groenland « viole le droit international et la Charte des Nations Unies », tout en affirmant que « la sécurité de l'Arctique est une priorité stratégique pour l'Union européenne ».

Selon le communiqué, le Parlement européen est « fermement » engagé à sauvegarder la stratégie arctique de l'UE, qui « va au-delà des simples préoccupations de sécurité ». Il a également réaffirmé son engagement à « intensifier le développement durable et la coopération avec les citoyens de la région est ferme ».

« Le Royaume du Danemark, y compris le Groenland, est membre de l'OTAN et est entièrement couvert par les garanties de sécurité collective de l'Alliance. Le Parlement européen continuera de renforcer les capacités de défense européennes et veillera à ce que les États membres de l'UE respectent leurs engagements envers l'OTAN, notamment par des investissements soutenus dans la défense et une forte présence dans la région arctique », poursuit le communiqué.

Les groupes signataires ont soutenu que la sécurité de l'Arctique « est garantie dans le cadre de l'OTAN », et ont souligné « qu'ils maintiennent des accords avec des partenaires clés », y compris les États-Unis, pour protéger la région, dont un signé en 1916 par lequel Washington a déclaré que Copenhague avait « la pleine souveraineté » sur le Groenland.

« Les décisions concernant le Danemark et le Groenland appartiennent uniquement au Danemark et au Groenland, conformément aux dispositions constitutionnelles pertinentes et aux accords entre le Danemark et le Groenland », ajoute le texte, concluant que « les tentatives extérieures visant à modifier le « statu quo » sont inacceptables ».