Le Parlement européen défend l'élargissement de l'UE comme « une réponse stratégique » à la nouvelle réalité géopolitique


Session plénière du Parlement européen à Strasbourg (France)

-MATHIEU CUGNOT

BRUXELLES, le 11 mars (EUROPA PRESS) –

Ce mercredi, la séance plénière du Parlement européen a approuvé un rapport dans lequel il défend l'élargissement de l'Union européenne comme « une réponse stratégique » à la nouvelle réalité géopolitique, soulignant qu'il représente « un investissement vital dans la sécurité et la stabilité » du bloc communautaire.

Le document, approuvé en séance plénière à Strasbourg (France) par 385 voix pour, 147 contre et 98 abstentions, affirme que « le coût du non-élargissement dépasserait celui de l'incorporation de nouveaux membres », étant donné le « risque » de créer des « zones grises » géopolitiques vulnérables à l'influence d'autres pays.

Plus précisément, les députés ont noté que le Monténégro et l'Albanie ont déjà fixé des « objectifs ambitieux » pour conclure leurs négociations d'adhésion d'ici fin 2026 et 2027 respectivement, et ont encouragé l'UE dans son ensemble à « encourager ces pays lorsque leurs ambitions sont soutenues par des réformes tangibles ».

Après avoir appelé les Vingt-Sept à reconnaître la dynamique de ces deux pays et à éliminer « tout obstacle », le Parlement européen a également demandé « l'ouverture rapide » des chapitres de négociation de deux autres pays qui font des progrès notables, comme l'Ukraine et la Moldavie.

Il a également souligné l'intérêt croissant pour l'adhésion à l'UE après que l'Islande a annoncé un référendum en août prochain sur l'opportunité d'adhérer au bloc communautaire, et il salue également d'éventuelles initiatives du Groenland visant à renforcer ses liens avec l'Union.

Bien entendu, le rapport souligne que l'adhésion « doit rester fondée sur le mérite et réversible », qu'aucun pays ne doit être traité comme faisant partie d'un « paquet » aux côtés d'autres États, et qu'il ne peut y avoir de « raccourcis » lorsqu'il s'agit des valeurs et principes fondamentaux de l'UE.

« L'État de droit, les réformes démocratiques, la liberté de la presse, les droits des minorités, l'indépendance judiciaire et la lutte contre la corruption doivent rester au centre du processus d'élargissement, ainsi qu'un soutien durable à la société civile », peut-on lire dans le texte.

Les députés ont également souligné que l'alignement sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l'UE est « un indicateur clé » de l'orientation géostratégique d'un pays candidat, puisque « la régression démocratique la plus inquiétante » se produit dans les pays « le moins alignés » avec la PESC et dans ceux où le processus d'adhésion est de facto au point mort.

FINANCEMENT DES MOUVEMENTS PRO-ADHÉSION

Un autre point notable du rapport approuvé ce mercredi lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg est la demande d'apporter « un plus grand soutien » aux acteurs de la société civile pro-UE attachés aux valeurs européennes.

Le rapport note également qu'il faudra prévoir un financement de préadhésion « adéquat » dans le prochain budget de l'UE, ainsi qu'une « coopération plus approfondie » dans les domaines des infrastructures, de la sécurité, de la résilience et de la lutte contre la « manipulation de l'information étrangère ».

« Avec chaque nouveau membre, la puissance politique et économique de l'Europe s'est accrue, apportant prospérité et sécurité à ses citoyens. Face aux défis actuels, nous devons améliorer le modèle d'intégration de l'UE afin de mieux refléter les intérêts de l'Union et les attentes des pays candidats », a déclaré le rapporteur du rapport, l'eurodéputé libéral lituanien Petras Austrevicius, dans des déclarations envoyées dans un communiqué.

Selon le député Renew, l'élargissement de l'UE « doit aller de pair avec des réformes internes » pour sauvegarder le fonctionnement de l'UE et améliorer les processus de prise de décision, y compris un recours accru au vote à la majorité qualifiée plutôt qu'à l'unanimité.

« L'UE doit achever ces réformes avant que les candidats les plus avancés remplissent les critères d'adhésion et soient prêts à adhérer », a-t-il ajouté.

L'UE mène actuellement des négociations d'adhésion avec la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine du Nord, l'Albanie et le Monténégro, ces deux derniers étant les plus avancés dans les négociations avec Bruxelles. Des négociations d'adhésion à l'Union sont également en cours avec l'Ukraine, la Moldavie, la Géorgie et la Turquie, même si le dialogue avec le pays gouverné par Recep Tayyip Erdogan est gelé.