Le Parlement européen appelle à durcir les conditions d'utilisation du label européen pour les produits biologiques importés


Dossier – Vue générale de l'hémicycle du Parlement européen à son siège à Strasbourg (France)

– PHILIPPE STIRNWEISS – Archives

BRUXELLES/MURCIE 18 juillet (EUROPA PRESS) –

La commission de l'agriculture et du développement rural du Parlement européen a soutenu mardi une réforme des règles communautaires sur les produits biologiques qui renforce les conditions pour que les importations en provenance de pays tiers puissent utiliser le logo biologique de l'UE, élargissant ainsi les exemptions de certification pour les petits producteurs.

Approuvé par 37 voix pour, quatre contre et huit abstentions, le texte propose d'exiger, outre l'équivalence avec la réglementation communautaire, des exigences supplémentaires en matière de production et de contrôle pour l'usage de ce signe distinctif sur les produits importés. Il limite également à 5 % la présence d'ingrédients biologiques d'origine non européenne dans les aliments transformés fabriqués dans l'UE qui souhaitent porter le label européen.

La révision de la réglementation intervient après que la Commission européenne a proposé de modifier ces règles à la suite d'un arrêt de la Cour de justice de l'UE (CJUE) en octobre 2024 sur l'utilisation de ce logo pour les produits en provenance de pays tiers couverts par le système de reconnaissance actuel de l'UE.

Le Parlement européen a ainsi établi sa position pour négocier la version finale de la réforme avec le Conseil (gouvernements), dans l'espoir que les nouvelles règles entrent en vigueur avant l'expiration du régime transitoire applicable aux importations de ce type de produits, le 31 décembre de cette année.

Le texte élargit également la possibilité pour les petits opérateurs qui vendent directement des produits biologiques non emballés aux consommateurs de rester exemptés de la certification obligatoire. Concrètement, il relève le seuil de chiffre d'affaires annuel de 20 000 à 25 000 euros et double le volume maximum de vente autorisé, qui passe de 5 000 à 10 000 kilogrammes par an.

Selon le Parlement, la révision répond à l'augmentation des prix enregistrée ces dernières années, qui a conduit certains producteurs à dépasser les limites actuelles et à perdre l'accès à cette exemption.

La réforme comprend également des modifications des règles applicables aux installations d'engraissement des volailles et à l'accès des animaux à l'extérieur pendant la journée, dans le but de réduire les charges administratives et les coûts logistiques pour le secteur.

LE GOUVERNEMENT RÉGIONAL Y VOIT UNE « JUSTICE ÉLÉMENTAIRE »

Le Gouvernement de la Région de Murcie a évalué de manière « très positive » la mesure prise par la Commission Agriculture du Parlement Européen pour durcir les exigences pour les produits biologiques importés de pays tiers. L'exécutif régional a qualifié cette décision de mesure de « pur bon sens » et de « justice élémentaire » pour les producteurs locaux.

À cet égard, l'Administration régionale a dénoncé qu'« il n'est pas acceptable » que les agriculteurs et les producteurs biologiques de Murcie soient tenus de respecter « les normes de qualité, de durabilité et de contrôle les plus strictes au monde », alors que les produits provenant de l'extérieur des frontières communautaires sont autorisés à utiliser le label de l'Union européenne sans se conformer exactement « aux mêmes règles du jeu ».

« La Région de Murcie est le verger de l'Europe et une puissance incontestée en matière d'agriculture biologique », a affirmé le gouvernement de Murcie, après avoir rappelé que le secteur démontre depuis des années qu' »on peut dominer le marché tout en respectant l'environnement ». Cependant, ils ont averti que pour continuer dans cette voie, il est essentiel de rivaliser dans des « conditions égales ».

De même, l’exécutif régional a soutenu la nécessité d’exiger une véritable équivalence et des contrôles supplémentaires sur toutes les importations hors UE.

Enfin, il a défendu l'application d'une limite « stricte » de 5 % aux ingrédients étrangers dans les aliments transformés pour protéger la crédibilité de « l'Euroleaf », le sceau officiel qui garantit au consommateur que le produit qu'il achète est véritablement biologique.