Le Parlement européen appelle à criminaliser le viol fondé sur le consentement dans toute l’UE


Les députés votent à la commission des libertés civiles du Parlement européen

– ALEXIS HAULOT

BRUXELLES, 25 février (EUROPA PRESS) –

Le Parlement européen a demandé à la Commission européenne de présenter une proposition législative visant à établir une définition commune du viol dans toute l'Union européenne, basée sur l'absence de consentement libre, éclairé et révocable, estimant que ce n'est qu'ainsi qu'un accès effectif à la justice pourra être garanti aux victimes.

La pétition, approuvée par les commissions des libertés civiles et des droits de la femme du Parlement européen par 75 voix pour, 27 contre et 3 abstentions, réitère la position de longue date du Parlement selon laquelle l'absence de consentement devrait être placée au centre des procédures judiciaires en cas de viol dans tous les États membres.

Les députés ont exhorté l'exécutif européen à demander aux pays de l'UE qui utilisent encore des définitions du viol basées sur la force ou la violence de mettre leur législation en conformité avec les normes internationales, y compris la Convention d'Istanbul, et d'assurer un soutien et une protection adéquats aux victimes et aux survivants.

« Seul ce type de législation peut garantir un accès effectif à la justice, car il est prouvé qu'elle améliore les taux de plaintes, de condamnations et de recouvrement », lit-on dans le texte approuvé dans les deux commissions du Parlement européen.

Elle rappelle également une directive approuvée en 2024 pour lutter contre les violences faites aux femmes qui introduit des règles contre l'excision, le mariage forcé, le cyberharcèlement ou la diffusion non consensuelle d'images intimes, mais qui a laissé de côté la qualification des relations sexuelles non consensuelles comme une forme de viol en raison des réserves de plusieurs gouvernements.

Suite à cette approbation en commissions, le Parlement européen débattra de cette demande à l'Exécutif communautaire lors de la deuxième séance plénière du mois de mars, qui aura lieu les 25 et 26 mars au siège du Parlement européen à Bruxelles.

POUSSEZ POUR LE CAS GISÈLE PELICOT

Le rapporteur de la pétition de la Commission des libertés civiles, le socialiste suédois Evin Incir, a qualifié d'« inacceptable » qu'en 2026, dans certaines parties de l'UE, les femmes ne soient toujours pas protégées par des lois sur le viol consenti.

« Le vote d'aujourd'hui nous rapproche de la création d'une définition commune du viol pour l'ensemble de l'UE. 'Oui signifie oui', et cela doit avoir la même signification dans tous les États membres. Les femmes et les filles méritent la même protection, quel que soit l'endroit où elles vivent », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La rapporteure de la Commission des droits des femmes, la socialiste polonaise Joanna Scheuring-Wielgus, a également évoqué le vote favorable au rapport, affirmant que « beaucoup de choses ont changé » depuis que les Etats se sont opposés à l'inclusion d'une définition du viol basée sur le consentement en 2024.

Depuis, selon lui, « le cas de Gisèle Pélicot a choqué le monde entier », car « son courage d'élever la voix a ouvert les yeux même aux opposants les plus conservateurs à ce changement ».

« Nous avons l'obligation de profiter de cet élan, non pas demain, mais maintenant. Le Parlement européen a écouté la voix de Gisèle Pelicot et celle de millions d'Européens. La volonté politique existe, donc la seule question qui reste est : qu'attend la Commission européenne ? » il a ajouté.