Le Parlement basque demandera jeudi à l'UE que ses réglementations en matière d'immigration respectent « scrupuleusement » les droits de l'homme


Archive – Parlement basque lors d'un débat

– Iñaki Berasaluce – Europa Press – Archives

BILBAO, le 22 mars (EUROPA PRESS) –

Le Parlement basque demandera jeudi prochain à l'UE que toute réglementation sur l'immigration qu'elle mettra en œuvre respecte « scrupuleusement » les droits de l'homme, comme le défendent le PNV et le PSE-EE, avec une majorité parlementaire, dans l'ensemble de leur amendement à une initiative d'EH Bildu.

Le parti souverainiste, qui a présenté un projet de loi qui sera débattu lors de la prochaine séance plénière, critique la promotion dans l'UE d'un règlement « sur les expulsions (retour) » pour « normaliser les descentes de police et les mesures de surveillance », et exige que la Chambre autonome rejette les initiatives sur la migration et l'asile qui « violent le droit international » et les droits humains des migrants.

Selon la formation souverainiste, en pratique, les mesures proposées par la Commission européenne et les États membres de l'UE se matérialiseront par « des descentes de police dans des domiciles privés, ainsi que dans des bureaux et des refuges gérés par des organisations humanitaires, des descentes de police dans l'espace public », ou encore par « une collecte massive de données personnelles et l'échange de ces données entre forces de police » dans toute l'Union.

Il critique également la tentative de promouvoir des mesures telles que des contrôles basés « sur l'apparence, la langue ou l'origine perçue, plutôt que sur le comportement individuel, qui provoquent une discrimination sélective contre les communautés racialisées, ce qui est déjà une pratique courante en Europe ».

EH Bildu fustige également que le Parlement européen, de son côté, ait fait « un pas de plus pour laisser le droit d'asile dans une situation d'extrême gravité », en acceptant des « pays tiers sûrs » et des « pays d'origine sûrs », ce qui, « en pratique, représente une violation du droit d'asile ».

C'est pour cette raison qu'elle demande à la Chambre basque de rejeter « toute initiative relative à la migration et à l'asile qui viole le droit international, la Convention de Genève et la Convention relative aux droits de l'enfant, ainsi que toute réglementation qui viole les droits humains des migrants et des demandeurs de protection internationale ». En ce sens, il exhorte l'UE à « s'y conformer fermement lorsqu'elle propose toute réglementation qu'elle met en place ».

MODÈLE DE MIGRATION « ORDONNÉE »

De leur côté, le PNV et le PSE-EE, partenaires du Gouvernement basque qui disposent de la majorité absolue à la Chambre, dans un amendement commun, demandent à l'Union européenne de veiller à ce que toute réglementation sur la migration se concrétise à travers « un modèle de migration ordonné, avec des processus clairs et des canaux légaux et sûrs, qui respecte scrupuleusement les droits de l'homme ».

Jeltzales et les socialistes demandent qu'il favorise également « les processus de travail et d'inclusion sociale, l'accueil et la construction de projets de vie décente, liés aux différentes formes d'enracinement et à l'exercice effectif des droits et obligations ».

Le PP, qui a également amendé l'ensemble du texte d'EH Bildu, estime qu'il est « nécessaire » d'établir « un système de retour commun et efficace » pour l'ensemble de l'UE, afin qu'il y ait un régime commun pour le retour des personnes de pays tiers qui se trouvent en situation irrégulière, comme « pilier central » du Pacte sur la migration et l'asile approuvé par le Parlement européen le 10 avril 2024.

Il propose également que ce nouveau règlement soit « directement applicable à tous les États membres sans nécessiter une mise en œuvre nationale, en établissant un cadre juridique solide et moderne, ferme et équitable qui, dans le respect des droits fondamentaux », fournit « les outils nécessaires pour accroître l'efficacité des processus de retour ».

Le Parti Populaire souhaite que le Parlement basque demande au gouvernement espagnol de développer une politique « d'immigration ordonnée et réglementée, liée au marché du travail, qui permette à ceux qui souhaitent s'établir en Espagne et au Pays Basque de le faire par des voies légales et dans des conditions qui favorisent leur inclusion sociale ».

De même, il prévoit que l'Exécutif central « poursuive la traite des êtres humains et le trafic illicite de personnes comme principes de la politique d'immigration » et promeuve des accords avec les pays d'origine qui envisagent « des mesures pour empêcher l'immigration irrégulière et le retour dans leurs pays d'origine » de ceux qui viennent « irrégulièrement ».

LE « RETOUR » DU PACTE MIGRATOIRE

D'autre part, Sumar, qui amende également la proposition non juridique d'EH Bildu, exprime sa « profonde inquiétude et son rejet » quant à l'orientation du Pacte européen sur la migration et l'asile, qui pourrait représenter « un revers dans la garantie effective du droit d'asile, le renforcement des politiques d'externalisation des frontières et la normalisation des pratiques susceptibles de violer les droits de l'homme ».

De cette manière, il exhorte les institutions de l'UE et les États membres à garantir que tout développement réglementaire en matière de migration et d'asile « repose sur le strict respect du droit international des droits de l'homme, du principe de non-refoulement, ainsi que sur la protection renforcée des enfants et sur l'établissement de voies légales et sûres pour migrer et demander une protection internationale ».