Le gouvernement du Soudan condamne les nouvelles sanctions de l'UE contre un commandant militaire

Les autorités soudanaises dénoncent que les sanctions ont mis l'armée à la même hauteur que les paramilitaires

Madrid, 20 juillet. (Europa Press) –

Le gouvernement du Soudan a critiqué les nouvelles sanctions imposées par l'Union européenne à un commandant pour comprendre qu'ils manquent de base et finissent par assimiler les défenseurs de l'État soudanais avec les Paramilitaires Fast Support Forces (RSF), la partie ennemie dans une guerre sanglante déclarée en avril 2023 et qui a dévasté le pays africain.

Les sanctions de Bruxelles, déclarées vendredi, affectent le commandant Abu Aqla Mohamed Kaikal, responsable selon l'UE des atrocités contre la minorité de Kanabi pendant sa brève période d'abandon aux forces de soutien rapide. En février 2025, Human Rights Watch a rapporté que leurs milices, les forces du Soudan Shield, ont tué 26 personnes dans une attaque dans l'État de Gezira.

Dans sa réponse, le ministère soudanais des Affaires étrangères « exprime son rejet des fondements sur lesquels cette décision est fondée, en particulier son égalisation des forces armées soudanaises avec des groupes armés rebelles illégaux ».

Le ministère rejette également les sanctions européennes dont la société minière Red Rock Mining, accusée par Bruxelles pour participer à la facilitation de la production d'armes et de véhicules pour les forces armées du Soudan a été soumise, un facteur qui aggrave encore le conflit déjà critique lui-même.

Dans sa déclaration, publiée par l'agence de presse officielle Suna, le ministère dénonce que les sanctions manquent de « base juridique solide » car « il ne peut y avoir de comparaison entre une institution nationale avec les milices qui se sont rebelles contre l'État et ont commis des violations sérieuses et bien documentées, notamment les déplacements forcés, les violences sexuelles et le nettoyage ethnique, comme en témoignent les rapports indépendants à la fois nationaux et internationaux. »

Le ministère, enfin, regrette « que cette décision coïncide avec le début d'une nouvelle phase de collaboration positive entre le Soudan et l'Union européenne » et appelle le « dialogue constructif » avec Bruxelles.