Le Gouvernement défend devant le Comité européen des Régions que l'insularité est un principe des politiques européennes


La directrice générale des relations institutionnelles et des relations avec le Parlement, Francisca Ramis, de la Commission de politique de cohésion territoriale et du budget européen du Comité européen des régions.

-CAIB

PALMA, 18 septembre (EUROPA PRESS) –

Le gouvernement a défendu vendredi, devant la Commission du budget européen et de la politique de cohésion territoriale du Comité européen des régions, que la future stratégie européenne pour les îles prévoyait des mesures concrètes pour remédier aux désavantages structurels liés à l'insularité.

La directrice générale des Relations Institutionnelles et des Relations avec le Parlement, Francisca Ramis, a proposé une mesure objective des coûts de l'insularité et l'élimination des barrières à la coopération transfrontalière entre les îles, comme le rapporte un communiqué du ministère de la Présidence, de la Coordination de l'action gouvernementale et de la coopération locale.

Lors du débat sur le document de travail du futur avis sur la stratégie insulaire de l'UE, Ramis a également appelé à l'établissement d'une clause insulaire horizontale dans la législation européenne et à ce que le plafond des « minimis » – petites subventions aux entreprises – soit assoupli pour compenser les coûts supplémentaires du transport de marchandises.

Ramis a souligné que ces propositions visent à ce que la future stratégie européenne pour les îles « aille au-delà de la reconnaissance de la spécificité insulaire et se traduise en mesures concrètes et applicables ».

De même, il a assuré que ces revendications « ne visent pas à établir une concurrence entre territoires insulaires, mais plutôt à garantir que les différentes réalités géographiques soient prises en compte de manière adéquate » dans les politiques européennes.

Les propositions ont été analysées et seront incluses par le rapporteur dans l'avis sur la stratégie de l'UE pour les îles.

MESURER LES COÛTS DE L'INSULARITÉ

Les Baléares ont défendu une méthodologie objective et comparable entre territoires pour identifier et quantifier les surcoûts supportés par les îles.

Dans le cas des Îles Baléares, le surcoût logistique des marchandises se situe entre 15 et 30 pour cent par rapport aux territoires continentaux équivalents.

À cela s’ajoutent d’autres facteurs, comme le temps nécessaire pour accéder à certains services de santé spécialisés ou le surcoût énergétique dû à une interconnexion insuffisante.

Selon Ramis, ces coûts peuvent être mesurés de manière homogène sans dépendre de critères discrétionnaires ou d'exceptions au cas par cas.

ÉLIMINER LA LIMITE DE 150 KILOMÈTRES

Le gouvernement a appelé à supprimer la limite de 150 kilomètres pour les îles situées dans le même bassin ou sous-bassin maritime.

En ce sens, Ramis a souligné que « la mer n'est pas une route » et que les distances maritimes ne peuvent pas être évaluées avec les mêmes critères que les distances terrestres.

Le directeur général a souligné que cette modification permettrait de renforcer la coopération entre les territoires insulaires européens et a rappelé que la suppression de cette limitation a été exigée à différentes occasions par les institutions européennes.

UNE CLAUSE D'ÎLE HORIZONTALE

Les Îles Baléares ont proposé une définition juridique commune du territoire insulaire, applicable de manière transversale aux différentes politiques et législations de l'UE.

La proposition consiste à évoluer vers une clause d'insularité permettant de prendre en compte les spécificités des îles dès l'élaboration d'un nouveau règlement européen, évitant ainsi que des exceptions soient nécessaires ultérieurement.

Cette définition « devrait s'appuyer » sur des critères objectifs tels que la superficie, la population, la distance, la dépendance au transport maritime ou aérien, le temps et les situations de double insularité.

En ce sens, les Îles Baléares proposent de faire avancer le concept d'« insulaire-proofing » ou d'adaptation insulaire, à travers une évaluation préalable de l'impact que les nouvelles réglementations peuvent avoir sur les territoires insulaires.

FLEXIBILISER LES LIMITES DU 'MINIMIS'

Les îles Baléares ont proposé d'assouplir la limite des aides de minimis pour le transport de marchandises exportées depuis les îles.

La compensation des coûts supplémentaires liés au transport de marchandises peut consommer une part importante de la limite disponible, réduisant ainsi la marge d'action des entreprises insulaires, des agriculteurs et des pêcheurs.

Le directeur général a jugé « nécessaire » d'adapter cette limite pour que les mécanismes destinés à compenser un désavantage structurel comme l'insularité ne finissent pas par limiter la capacité des secteurs productifs des îles à rivaliser dans des conditions équivalentes.