Le Conseil fiscal européen met en garde contre les difficultés liées à l’application des nouvelles règles fiscales de l’UE


Fichier – Reflet d'une personne à côté d'un drapeau de l'Union européenne (UE).

– Christoph Soeder/dpa – Archives

BRUXELLES, 5 mars (EUROPA PRESS) –

Le Conseil budgétaire européen a averti que l'application des nouvelles règles budgétaires de l'UE soulève des doutes et a généré des difficultés dans l'interprétation de certains résultats, dans un contexte dans lequel plusieurs pays, dont l'Espagne, risquent de ne pas respecter la trajectoire de dépenses recommandée.

Dans son rapport sur la mise en œuvre des plans budgétaires nationaux et des projets budgétaires pour 2026, l'organisme indépendant analyse le premier cycle de mise en œuvre du nouveau cadre de gouvernance économique adopté par l'UE après la réforme de 2023.

Parmi ses principales conclusions, le Conseil Fiscal souligne que la Commission européenne a appliqué une « interprétation extensive » de la clause de sauvegarde nationale, le mécanisme qui permet des écarts temporaires par rapport à la trajectoire des dépenses pour faciliter l'augmentation des dépenses de défense.

Selon le document, cette approche permet aux pays qui ont augmenté leurs dépenses militaires entre 2021 et 2024 d'utiliser une partie de la marge générée pour financer d'autres dépenses ou appliquer des réductions d'impôts, toujours dans la limite de flexibilité établie.

L'organisation considère que cette possibilité devrait être limitée et souligne que la flexibilité prévue dans ces dispositions « devrait être strictement limitée à l'augmentation des dépenses de défense », dans le but de préserver la viabilité budgétaire à moyen terme.

L'analyse souligne également la manière dont Bruxelles évalue le respect des règles budgétaires. Selon le texte, la procédure a été appliquée de manière « mécanique », ce qui peut rendre difficile l'interprétation des résultats si elle n'est pas accompagnée d'une analyse plus large du contexte fiscal de chaque pays.

Selon cette évaluation, l'Espagne figure parmi les pays à risque de non-respect de la trajectoire de dépenses, aux côtés de la Croatie, de la Lituanie et de la Slovénie, tandis que Malte et les Pays-Bas figurent dans la catégorie la plus grave, celle du « risque matériel de non-conformité ».

Le rapport souligne également que l'Espagne a été le seul pays de la zone euro à ne pas avoir présenté son projet de plan budgétaire pour cette année dans le délai fixé en octobre 2025, tout en précisant que cela n'implique pas nécessairement que le gouvernement n'adopte pas de mesures ayant un impact sur les comptes publics.

CHANGEMENT METHODOLOGIQUE SUR L'IRPF

Le document examine également le changement méthodologique introduit par la Commission pour calculer ce que l'on appelle le « frein fiscal », l'augmentation automatique des recettes fiscales qui se produit lorsque les tranches d'imposition sur le revenu ne s'ajustent pas à l'inflation.

Jusqu'à l'automne 2024, l'analyse communautaire prenait en compte les pratiques de chaque pays en matière d'actualisation des tranches d'impôt sur le revenu des personnes physiques. Avec la nouvelle méthodologie, Bruxelles suppose cependant que tous les États membres indexent ces sections sur l'inflation.

Ce changement pourrait affecter l’évaluation de la conformité dans certains pays – notamment l’Espagne, l’Irlande, l’Italie et Chypre – où l’indexation des tranches d’imposition sur le revenu n’est pas une pratique courante.

Dans le cas espagnol, le rapport souligne qu'une interprétation conventionnelle de cet effet amènerait le compte de contrôle annuel pour 2026 à dépasser le seuil de 0,3% du PIB, ce qui pourrait modifier l'évaluation du pays de « risque de non-conformité » à « risque de non-conformité matérielle ».