La Turquie et l'UE s'orientent vers la modernisation de l'union douanière afin qu'elle « atteigne son plein potentiel »


La commissaire à l'élargissement, Marta Kos, et le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan.

– COMMISSION EUROPÉENNE

BRUXELLES, 6 février (EUROPA PRESS) –

La Turquie et l'Union européenne ont réaffirmé ce vendredi à Ankara l'importance de l'intégration économique entre les deux parties et ont exprimé leur volonté d'avancer vers la modernisation de l'union douanière dans le but de renforcer la compétitivité, la sécurité économique et la résilience mutuelle.

C'est ce qu'ont déclaré vendredi dans une déclaration conjointe la commissaire européenne à l'Élargissement, Marta Kos, et le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, à l'issue d'une réunion tenue dans la capitale turque pour aborder l'état des relations entre Ankara et l'Union européenne.

Sur le plan économique, Fidan a souligné « l'urgence croissante » de moderniser l'Union douanière face à un environnement commercial de plus en plus complexe, marqué par les changements du commerce mondial, les incertitudes géopolitiques et économiques et les défis des transitions écologiques et numériques.

Selon le document, les deux parties conviennent de la nécessité de continuer à collaborer pour améliorer l'application de l'Union douanière et partagent la volonté de « ouvrir la voie » à sa modernisation, afin « d'atteindre son plein potentiel ».

STATUT DE LA Türkiye COMME PAYS CANDIDAT

Au cours de la réunion, les deux parties ont également réaffirmé le statut de pays candidat de la Turquie, soulignant l'importance des relations entre Ankara et l'UE, qu'elles qualifient de « stratégiques » pour promouvoir la stabilité régionale et la résilience économique.

La déclaration inclut également les progrès enregistrés au cours de la dernière année dans la relation, parmi lesquels la tenue de cinq dialogues de haut niveau, qui ont permis de maintenir un engagement soutenu dans différents domaines d'intérêt commun.

Les deux parties soulignent également le soutien continu de l'UE aux efforts de la Turquie pour accueillir les réfugiés, une question qui – soulignent-elles – reste un axe central de la coopération bilatérale.

En matière de mobilité, Ankara et Bruxelles ont salué la récente décision de la Commission européenne qui facilite l'octroi de visas Schengen à entrées multiples aux citoyens turcs et ont souligné l'importance de continuer à faire avancer le dialogue sur la libéralisation des permis.

En outre, ils ont montré leur volonté de se coordonner plus étroitement pour façonner le programme de connectivité régionale, qui couvre des secteurs tels que l'énergie, les transports, la numérisation et le commerce, dans le but de contribuer à la stabilité et à la croissance durable dans des régions telles que la mer Noire, le Caucase du Sud et l'Asie centrale.

Les deux parties ont également salué la reprise progressive des opérations de la Banque européenne d'investissement en Turquie et ont exprimé leur intention de renforcer la coopération pour soutenir des projets innovants et durables tant dans le pays que dans les régions voisines.

NORMES RH ET SÉISME DE 2023

Pour sa part, Kos a rappelé que le dialogue sur l'État de droit et les normes démocratiques constitue « une partie intégrante » des relations entre les deux pays, et a apprécié l'implication d'Ankara dans le processus informel sur Chypre sous les auspices des Nations Unies comme un élément pour « générer la confiance ».

La commissaire a également insisté sur la nécessité d'empêcher le « contournement » des sanctions de l'Union européenne par tous les États, élément qui, comme elle l'a rappelé, fait partie des engagements liés à la relation avec l'UE.

D'autre part, il a également rappelé la réponse européenne après les tremblements de terre qui ont touché le sud de la Turquie en 2023, réitérant la « pleine solidarité » de l'Union européenne avec le pays et soulignant le milliard d'euros mobilisé pour l'aide d'urgence et la reconstruction.

Une performance qui a également été appréciée par le ministre turc des Affaires étrangères, qui a souligné que la solidarité manifestée après les tremblements de terre reflète l'importance de la coopération entre les deux régions « dans tous les domaines » pour la sécurité, la stabilité et le bien-être du continent européen.