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BRUXELLES, 6 mars (EUROPA PRESS) –
Le gouvernement suédois a averti la Commission européenne que la politique énergétique actuelle de l'UE pourrait conduire à des prix de l'électricité « déraisonnables » et a demandé de revoir certaines des initiatives législatives en cours, en particulier le soi-disant paquet sur le réseau électrique.
« Nous avons pu constater par nous-mêmes comment les politiques axées principalement sur l'augmentation de la part des énergies renouvelables, l'expansion de la capacité du réseau et la construction de nouvelles interconnexions ont conduit à des prix de l'électricité déraisonnables », a-t-il déclaré dans une lettre envoyée à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.
Dans la lettre, le gouvernement suédois défend qu' »un marché européen de l'électricité qui fonctionne correctement est une condition préalable pour garantir des prix de l'électricité compétitifs et répondre à la demande d'énergie sans combustibles fossiles ».
La Suède souligne qu'elle exporte actuellement la plus grande quantité d'électricité par habitant de toute l'Union européenne et que 99 % de sa production électrique est exempte de combustibles fossiles, ce qui, selon elle, démontre son engagement envers les objectifs climatiques du bloc.
En outre, il exprime son inquiétude quant à l'orientation que prend la politique énergétique communautaire et se demande si les nouvelles propositions répondent de manière adéquate aux besoins des différents États membres.
Il critique notamment certains éléments du paquet réseaux électriques, promu par Bruxelles, comme la possibilité de financer des infrastructures électriques transfrontalières via une répartition obligatoire des coûts et des bénéfices entre les pays.
De même, il rejette l'idée de donner à l'UE un plus grand contrôle sur les revenus provenant de la congestion des réseaux électriques, une mesure qu'il juge « disproportionnée et actuellement inacceptable ».
L'exécutif suédois met également en garde contre les risques liés à l'introduction d'un scénario commun de planification énergétique au niveau européen et prévient qu' »une approche centralisée et à faible résolution ne peut pas refléter de manière adéquate les structures industrielles nationales, les considérations de sécurité ou les limites des réseaux régionaux ».
DÉFENSE DU MODÈLE DE PRIX ACTUEL
La lettre exprime également son inquiétude face aux débats qui ont surgi autour d'une éventuelle intervention dans le modèle de tarification du marché de gros de l'électricité.
En ce sens, la Suède défend le maintien du système actuel basé sur des prix marginaux, estimant qu'il garantit que la demande d'électricité est couverte au coût le plus bas possible dans un marché concurrentiel.
Le gouvernement suédois souligne également que la politique énergétique européenne doit pleinement respecter le droit des États membres à décider de leur propre bouquet énergétique, conformément au principe de subsidiarité.
PLUS DE CAPACITÉ DE PRODUCTION ET D’OBJECTIFS D’ÉLECTRIFICATION
Pour l’avenir, Stockholm demande à la Commission de concentrer ses efforts sur le renforcement de la capacité de production d’électricité en Europe et sur l’amélioration des conditions d’investissement dans une nouvelle production stable. « L'Europe doit construire davantage de capacités de production d'électricité, capables de répondre à la demande projetée chaque jour, toute l'année », indique la lettre.
Parmi les mesures qu'elle propose, elle propose d'établir des objectifs européens d'électrification et d'adéquation des ressources pour tous les États, afin de garantir que chaque pays dispose de capacités suffisantes pour couvrir à la fois la demande actuelle et future.
De l'avis du gouvernement suédois, cette approche permettrait de s'attaquer aux causes structurelles des prix élevés et volatils de l'électricité, tout en renforçant la sécurité énergétique du bloc dans un contexte d'incertitude géopolitique croissante.
« La Suède sera un membre fort et actif dans l'élaboration de ces futures politiques énergétiques de l'UE », conclut la lettre adressée au président de la Commission.