La justice européenne confirme qu'Amazon Store doit se conformer aux règles numériques les plus strictes de l'UE

BRUXELLES, 19 (EUROPA PRESS)

Le Tribunal général de l'Union européenne, première instance de justice européenne, a rejeté ce mercredi le recours d'Amazon contre la décision de Bruxelles de considérer Amazon Store comme une « très grande plateforme » (VLPO, pour son acronyme en anglais) ; un arrêt qui confirme en pratique qu'elle doit être soumise aux obligations les plus strictes de la loi européenne sur les services numériques (DSA) en termes de transparence, de coopération et d'accès aux données.

L'entreprise technologique a fait appel devant le tribunal basé à Luxembourg, alléguant que la décision prise par la Commission européenne en 2023 représente une violation des droits fondamentaux tels que la liberté d'entreprise, le droit de propriété, le principe d'égalité devant la loi et la protection des informations confidentielles.

Dans son arrêt, susceptible d'appel, la Haute Cour européenne concède que les obligations du DSA constituent une « ingérence » dans la liberté d'entreprise protégée par la Charte européenne des droits fondamentaux, mais prévient qu'elle est « justifiée » conformément aux dispositions de la législation européenne.

Ainsi, il soutient que l'Exécutif communautaire considère que les « très grandes » plateformes en ligne – y compris les plateformes de commerce dépassant le seuil de 45 millions d'utilisateurs – peuvent présenter des « risques systémiques pour la société », notamment en diffusant des contenus illicites ou en violant les droits fondamentaux, dont la protection des consommateurs.

De même, elle défend que les obligations imposées à ces plateformes, comme celles relatives à l'option de recommandation sans profilage, au référentiel public d'annonces ou à l'accès des chercheurs à certaines données, « visent à prévenir ces risques, même si elles entraînent des charges économiques importantes » pour les entreprises concernées.

Concernant le droit de propriété, le Tribunal constate que les obligations imposées par le DSA constituent principalement des charges administratives qui ne privent pas les très grands fournisseurs de plateformes en ligne de la propriété de leurs plateformes.

La Cour considère également que les obligations en matière de transparence publicitaire et d'accès aux chercheurs représentent une « ingérence » par rapport au droit au respect de la vie privée et à la protection des informations confidentielles, mais une nouvelle fois la Justice européenne conclut qu'il s'agit d'une ingérence « proportionnée » et « justifiée » par l'objectif d'intérêt général d'éviter les risques systémiques.

AMAZON REVIENDRA.

Dans un communiqué, l'entreprise a fait part de son intention de faire appel de la décision car elle insiste sur le fait qu'Amazon Store ne devrait pas être désigné comme VLPO et rappelle qu'elle avait contesté cette classification avant même l'entrée en vigueur de la loi sur les services numériques.

Selon les mêmes sources, la boutique Amazon, en tant que marché en ligne, « ne représente aucun risque systémique » du type prévu par le DSA pour les grandes entreprises qui ont la publicité comme principal revenu et distribuent des contenus et des informations ; mais se limite à la vente de produits et « ne diffuse ni n'élargit d'informations, de points de vue ou d'opinions ».