La justice européenne confirme l'amende de plus de 4 milliards à Google pour abus de position dominante


Fichier – Logo de l'application Google sur un mobile Android

– Fabian Sommer/dpa – Archives

BRUXELLES, 2 juillet (EUROPA PRESS) –

La Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE) a confirmé ce jeudi l'amende de 4,125 millions d'euros infligée par la Commission européenne à la multinationale technologique Google pour abus de position dominante avec Android, ratifiant ainsi l'arrêt précédent du Tribunal de l'UE et donnant définitivement raison à l'Exécutif communautaire.

L'affaire remonte à 2018, lorsque la Commission européenne a sanctionné l'entreprise d'une amende de 4,340 millions d'euros – réduite par la CJUE de 5%, à 4,124 millions, dans un arrêt de 2022 – pour abus de position dominante, en imposant des restrictions contractuelles aux fabricants d'appareils mobiles et aux opérateurs de réseaux mobiles en faveur de leurs outils « Recherche Google » et « Chrome ».

Concrètement, Google exigeait des fabricants qu'ils préinstallent les applications de recherche et de navigation de la marque (« Google Search » et « Chrome ») comme condition pour pouvoir obtenir une licence pour le « Play Store » et leur imposait de ne pas vendre d'appareils équipés de versions alternatives de son système d'exploitation, Android, non autorisées par l'entreprise.

Aujourd'hui, avec cette décision, la plus haute instance judiciaire communautaire infirme les arguments de Google et confirme qu'il existait un « biais de statu quo » en faveur des applications préinstallées, démontrant ainsi la thèse de l'entreprise américaine selon laquelle cela était dû uniquement à la qualité de ses services.

De même, la CJUE précise que sur les marchés numériques il n'est pas indispensable de démontrer que des pratiques peuvent exclure des concurrents « tout aussi efficaces » pour certifier un abus, il suffit de prouver que ces comportements restreignent la concurrence et renforcent les barrières à l'entrée.

Le jugement rejette également les allégations de l'entreprise concernant les soi-disant « accords anti-fragmentation », contrats par lesquels Google conditionnait l'octroi de ses licences à l'engagement des fabricants à ne pas vendre d'appareils dotés de versions modifiées ou non autorisées d'Android.

La justice européenne confirme que ces demandes limitaient illégalement les opportunités commerciales des systèmes d'exploitation concurrents, c'est pourquoi elle rejette les « justifications objectives » avancées par la multinationale de la Silicon Valley et maintient la qualification d'infraction unique et continue.

Sur le montant total de la sanction, un montant d'un peu plus de 1,520 millions d'euros est supporté par Alphabet dans le cadre de sa responsabilité solidaire en tant que société mère. S'agissant d'un pourvoi en cassation devant la plus haute instance judiciaire de l'UE, cette résolution met définitivement un terme au processus judiciaire.